Les Hivernales : “Inging” de Simon Tanguy

Simon Tanguy                                                                                     Les Hivernales, Simon Tanguy

Vendredi 19 février se tenait le spectacle INGING de Simon Tanguy au Théâtre du Chêne Noir.

Le titre fait référence au gérondif présent anglais, le fameux ING qu’on utilise pour exprimer les actions qui sont en train de se dérouler. Par ce titre, Simon Tanguy sous-entend que l’on est toujours « en train de… » et que le présent nous est impossible à capter.

En rentrant dans la salle, la disposition des chaises est surprenante puisqu’elles sont éparpillées un peu de partout, dos ou face à la scène. Au départ, l’artiste n’est pas sur scène, mais il au milieu de nous et nous parlant et nous invitant à s’asseoir.
Cette mise en scène, cette proximité avec le public fait partie intégrante du spectacle, car l’artiste n’est jamais sur scène, il déambule autour de nous tout au long du spectacle. La scène n’est pas utilisée et le seul décor est un bureau avec une caméra qui filme l’artiste.
Trois vidéos sont projetées derrière le bureau, elles montrent Simon en train de parler. La caméra qui le filme représente le présent et la conférence qui s’évade peu à peu tandis que les trois vidéos projetées montrent comment ancrer le passé dans le présent.
C’est un solo qui explore un langage continu pendant 45 min. C’est-à-dire que pendant 45 minutes Simon parle en changeant sans cesse d’idées. À travers son spectacle, l’artiste a voulu montrer la complexité des informations circulant dans le cerveau et les associations d’idées. C’est pour cela que le texte n’est pas écrit, la parole continue est un exercice quotidien pour Simon Tanguy. Cependant, beaucoup de thèmes reviennent comme Dieu, la culpabilité, l’infinie.
Selon lui, ce n’est donc pas totalement de l’improvisation puisque le texte est pratiqué.
Ce solo est inspiré de celui de Jeanine Durning, une New-yorkaise qu’il a vu en 2010. À la base ce solo est donc anglais, mais à la différence du spectacle de Simon Tanguy, celui de Durning est plus dramatique et personnel. Simon Tanguy est, selon lui, bien plus drôle et il dit même « avoir tendance à faire des imbécilités lorsqu’il sent que ça devient trop sérieux. »

On lui a demandé s’il pensait plutôt faire du théâtre ou de la danse, car durant sa prise de parole Simon se déplace en faisant des grands écarts et d’autres pas originaux, il s’approche très près du public et bouge entre les chaises.
Pour lui, son spectacle n’est ni de la danse ni du théâtre, mais plutôt un mélange des deux.
Il parle, donc on pourrait croire à du théâtre seulement il n’y a pas de narration puisque le texte n’est pas écrit. Il nous décrit son spectacle comme étant à la limite d’une performance sportive avec des changements d’idées assez chorégraphiques. Il n’aime pas faire de chose interdisciplinaire et préfère mélanger les deux genres. Il dit ne rien faire de très précis les sujets sont à la fois classiques, sociologiques et un petit peu culturels, c’est d’ailleurs pour ça qu’il nous confie avoir attendu un peu avant de monter son spectacle, souhaitant avoir plus de vécu afin de pouvoir aborder différents sujets.

Julie Haelvoet

La rédaction

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