Interview: Killian, nouveau talent de l’humour

Killian est un jeune humoriste qui vient du sud de la France, parti à l’assaut de Paris il y a quelques années pour promouvoir et présenter son spectacle “Killian sans artifices”. Nous sommes allées le voir au Clash Théâtre lors de sa date avignonnaise et nous lui avons posé des questions, afin de découvrir ce prometteur nouveau talent de l’humour…

 

 

Bonsoir Killian! Peux tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Killian, j’ai 21 ans et je suis humoriste. J’ai commencé l’humour il y a 4 ans. Ensuite, j’ai fait une école de spectacle pendant 2 ans sur Paris. J’ai commencé à faire des scènes ouvertes pendant ma dernière année de lycée, puis j’ai fait des premières parties mais je n’étais pas réellement assidu, donc un jour je me suis dit que ce serait cool que je fasse quelque chose de plus strict. Au départ, j’avais seulement un sketch, mais je me suis finalement lancé dans l’écriture d’un spectacle entier. Du lundi au dimanche, j’étais constamment au théâtre pour écrire mes sketchs, pendant 2 ans…

D’où viens – tu ?

 

Je viens de Valensole, là où j’ai grandi, et j’ai fait mes études à Manosque. Après, quand j’ai eu mon bac, je suis parti directement à Paris pour faire ce que je voulais faire.

 

Ces écoles ne sont pas vraiment connues en France. Comment cela fonctionne ?

 

Il y a beaucoup d’écoles qui ne sont pas connues. La plus grosse, c’est l’école du One Man Show à Paris. Moi j’ai fait l’EHAS (l’École d’Humour et d’Arts Scéniques) et quand j’y suis arrivé ça venait tout juste d’être créé, c’était le tout début. Le spectacle que je présente est le travail de 2 années, que j’ai fait en parallèle de l’école de one man show, qui nous a justement appris le jeu, l’écriture, et beaucoup d’autres choses. À la fin des 2 ans, tu devais avoir écrit ton spectacle et on faisait tous une date pour pouvoir tester nos sketchs.

 

Il semblerait que par la suite tu aies fait beaucoup de première parties! Tu nous en dis plus?

 

J’ai fait plein de premières parties. Au tout début j’ai fait la première partie d’Anthony Joubert. On faisait une scène ouverte à Marseille, c’est là où on s’est rencontrés, puis il m’a proposé de faire sa première partie. La première date que j’ai faite avec lui c’était au Grau-du-Roi, il y avait 1 000 personnes c’était un truc de fou! Derrière, on a fait pleins d’autres dates ensemble. Ensuite j’étais avec Eric Collado, un de ses amis qui est assez connu, qui était le partenaire de Jean Dujardin dans “Les Nous C Nous”. Ensuite, j’ai fini avec Anne Roumanoff juste avant de remonter sur Paris. Je l’avais rencontrée lors d’un festival à Arles organisé par Anthony Joubert. Dernièrement, j’ai aussi suivi Zize Dupanier, qui est pas mal connu dans le Sud et sur Paris. Ces personnes m’ont non seulement permis de faire leur premières parties, mais elles m’ont aussi permis de connaître du monde et de faire de belles salles.

 

Est-ce qu’il existe des personnalités qui t’ont inspiré et/ou et qui t’ont donné envie de faire ce que tu fais ?

 

Ah oui grave ! J’ai eu un bon déclic quand j’ai regardé le spectacle d’Alex Lutz. J’étais devant mon téléphone et j’étais carrément impressionné! Puis je me suis dit “c’est ça qu’il faut que je fasse”. Le spectacle de Jérôme Commandeur aussi, par exemple. Ils sont vraiment excellents et ils font des personnages à chaque fois qui sont juste énormes. Au début je faisais plus du stand-up, et dans la vie de tous les jours j’aime bien refaire la voix de personnes, les imiter, et j’avais envie de faire ça sur scène. Du coup, mon spectacle est composé à moitié de stand-up et à moitié de personnages que j’incarne. Quand j’ai vu leur deux spectacles, je me suis dit qu’il fallait que je fasse ça, vraiment. Alex Lutz et Jérôme Commandeur sont mes grandes inspirations.

 

Quel-est le personnage préféré de ton spectacle ?

 

Je pense que c’est le sketch avec les vieux (rires)! Parce qu’en plus ma mère travaille dans une maison de retraite, donc j’ai étudié cette espèce pendant des années (rires) pour faire ce sketch. Sinon, tous mes sujets sont à moitié inventés, je m’inspire toujours de la réalité pour développer un sketch autour de ce dont j’ai envie de parler, et on m’a toujours dit que mes sujets étaient plutôt originaux. J’essaie un maximum de raccrocher les sujets à moi et à ma vie pour plus de sincérité. C’est compliqué de faire un spectacle d’humour avec seulement des vérités.

Quelles sont les scènes que tu as faites ?  

 

Quand j’ai commencé les scènes ouvertes au début, c’était dans le Sud, et je ne sais pas pourquoi mais ça a été tout con. Là si tu restes un peu ici, tu vas voir toujours les mêmes personnes. On se connaît tous. Quand mon père m’a accompagné, on a fait pleins de villes: le Grau-du-Roi, le Cap d’Agde, Avignon, Aix, et même des villes paumées! Dès qu’il y avait une scène ouverte on y allait pour rencontrer des nouvelles personnes et on s’est rendu compte qu’on tombait souvent sur les mêmes gens. Mais on a fait plein de villes pour tester les sketchs de partout et que je puisse faire de la scène. Ensuite à Paris j’ai fait peu de scènes ouvertes voire quasiment pas, je me suis vraiment concentré sur l’écriture de mon spectacle. On était au théâtre mais on répétait dans le cadre de l’école, sinon je n’ai pas trop fait de salles sur paris, c’était surtout dans le Sud.

 

Qu’est-ce qui t’a réellement poussé à faire ce spectacle ?

 

Au tout début c’est parce qu’il y avait Sébastien Cauet qui proposait de faire sa première partie. Je le connaissais un peu, il m’a dit de tester la scène ouverte et c’est parti de là. C’était d’abord une première partie puis je me suis pris au jeu et je me suis dit qu’il fallait vraiment que j’aille au bout de ça, il fallait vraiment que je le fasse, il fallait que j’aie mon spectacle! Au début de l’écriture j’avais un peu de mal mais quand j’ai vu Alex Lutz et Jérôme Commandeur j’ai su ce que je voulais faire puis je me suis ensuite demandé ce que je voulais mettre dans mon spectacle et à quoi je voulais qu’il ressemble. Puis j’ai réussi! (rires)

 

Tu es bien soutenu par ta famille ?

 

Ah ouais mais de fou! Sincèrement, mon père m’a suivi pour toutes les scènes, on a fait des nuits blanches ensemble parce qu’on rentrait dès fois le matin vers 6 heures, éclatés… Ma mère a mit plus de temps avant de venir mais quand elle a commencé à s’intéresser elle est venue, tout comme ma grand-mère. Ils m’ont beaucoup aidé financièrement pour l’école et pour ce que je voulais faire après. Aujourd’hui, ils m’aident encore pour que je sois vraiment libre dans ce que je fais et je puisse faire le plus de choses possibles, sur Paris notamment.

 

Généralement, est-ce que le public est compliqué ?

 

Il y a des soirs où ça va (rires) mais il y a des soirs où tu rentres sur scène et tu te dis “là je vais me faire éclater”. Un jour je jouais dans un cabaret, tout le monde était content, je devais faire 30 minutes avec un autre humoriste mais c’était son public qui était venu, du coup je me suis dit “bon, ça va bien se passer”. Mais au final, pendant 30 minutes les gens étaient stoïques… Ils toussaient des fois (rires) mais pas plus. Il me tardait de sortir de scène, mais ça dépend vraiment des publics, ça peut être très compliqué.

 

Ce soir c’est ta combientième représentation ?

 

C’est la troisième ou quatrième, j’ai kiffé parce qu’il y avait du monde et j’y tenais vraiment. Pleins d’humoristes invitent leurs amis pour les premières fois, pour être plus à l’aise et avoir des avis, mais personnellement je trouve ça un peu faux. Du coup je voulais des vraies réactions objectives et ce soir je ne connaissais personne. J’ai pu analyser mes faiblesses, ce qui marche, ce qui marche moyennement, c’est un vrai public neutre qui est venu grâce à la promotion et c’est ce que je cherche. S’il n’y avait eu que des amis, les réactions auraient été moins naturelles.

 

Tu penses déjà à faire un deuxième spectacle ?

 

Ah ouais carrément mais dans longtemps parce que j’ai galéré pour celui-là (rires)! J’aimerais déjà faire des petites salles, de 30/40 personnes mais qui sont pleines, pour jouer et vraiment rôder mon spectacle.

On lui a souhaité bon courage pour la suite !

Vous pouvez le suivre sur Facebook sur la page → Killian Officiel

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La rédaction

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