RCA ENQUÊTE : QU’EST DEVENU LE AC ARLES-AVIGNON ?

Pour les plus jeunes, l’Athlétic Club d’Arles-Avignon n’évoque peut-être pas grand chose. Néanmoins, ce club avait réussi à atteindre le prestigieux championnat de France de Ligue 1 lors de la saison 2010-2011. C’était il y a dix ans, de quoi retracer l’histoire de cette institution, son parcours et réaliser le bilan sur la situation actuelle de l’ancien club phare du Vaucluse.

 

HISTOIRE DU CLUB

 

Le club est crée en 1912 mais n’apparaît pas immédiatement sous le nom d’AC Arles-Avignon. D’ailleurs, l’apparition d’Avignon s’effectue seulement en 2009. Avant cela, il n’était pas question de se réunir.

 

Dans un premier temps, le club réalise ce que l’on appelle une “entente” (une fusion autrement dit) de trois clubs de la ville d’Arles. La Pédale joyeuse, Arles Auto-Vélo et Arles Sports se réunissent donc pour former l’Athlétic Club Arlésien.

De son côté, Avignon fonde son propre club en 1931 : l’AS Avignon, qui deviendra l’Avenir Club Avignonnais par la suite. Un club qui accède plusieurs fois à la Division 1 durant le XXe siècle. 

 

Durant la guerre, l’AC Arlésien se rebaptise “AC Arlésien de Guerre” et fusionne une nouvelle fois avec des clubs atypiques tels que le Club ouvrier et les Sports Cheminots. 

Peu à peu, vous l’aurez compris, le club multiplie les fusions, cette fois-ci avec la Jeunesse Sportive Arlésienne en 1960. C’est une politique que les dirigeants arlésiens affectionnent particulièrement et qui aura son efficacité puisqu’en 1965 l’AC Arlésien rejoint la CFA, la quatrième division en France, toujours sous le statut de “club amateur”.

 

L’AC Arles dans les années 1970
Source: www.Flickr.com

 

Par la suite, les “Lions arlésiens” gravissent les échelons successivement : de la Division 4 à la National 1 sous les ordres d’un entraîneur emblématique de ce club, Michel Estevan, qui reste à la tête de cette équipe durant treize années jusqu’en 2005. 

En 2006, le club accède une nouvelle fois à la CFA, monte en National (troisième championnat de France), réalise un très beau parcours en Coupe de France en 2008 et se hisse en Ligue 2 en 2009.

Néanmoins, accéder à la Ligue 2 en France n’est pas une formalité et ne dépend pas seulement des résultats sportifs. Ayant accédé à ce championnat en finissant troisième de National, il fallait également que le club acquiert et prouve un statut “professionnel” pour la première fois de son histoire. La Ligue 2 et la Ligue 1 sont les deux seuls championnats français qui le requiert. En dessous ce sont des clubs amateurs. 

 

LA “FUSION” ENTRE ARLES ET AVIGNON

Le logo de l’AC Arles-Avignon lors de leur entente en 2009.
Source : arles-info.fr

 

Le club, afin de pouvoir évoluer en Ligue 2, doit jouer au Parc des Sports d’Avignon (le seul terrain homologué pour le statut professionnel). C’est pour cette raison, entre autres, que l’AC Arlésien fusionne instinctivement avec la ville d’Avignon pour créer l’Athlétic Club Arles-Avignon que l’on connaît. L’été 2009 fut mouvementé pour celui-ci qui a dû faire face à plusieurs refus de la DNCG (Direction Nationale du contrôle de Gestion) quant à l’acquisition du statut “professionnel” et l’officialisation de l’entente entre les deux villes. Ils sont néanmoins parvenus à trouver un accord et le premier match officiel de ce nouveau club se déroule le 25 juillet 2009 en Coupe de la Ligue. 

 

Le club termine troisième du championnat de Ligue 2 pour son retour, en totalisant 60 points à la fin de la saison et accède au championnat de Ligue 1 pour la première fois de son histoire. La fusion porte clairement ses fruits en accédant à l’élite en une année seulement. C’est une performance remarquable. 

 

LES ANNÉES AU PLUS HAUT NIVEAU

 

Saison 2009-2010, Arles-Avignon est dans la cour des grands. La ferveur dans la ville d’Avignon lors de chaque matchs à domicile se fait sentir. Le Parc des Sports (et sa capacité maximale de 17 500 personnes) affiche complet pratiquement à chaque rencontre à domicile. 

Néanmoins, cela ne durera qu’un temps. 

Malgré un départ “en fanfare” et un recrutement de qualité avec notamment les prêts de Rémy Cabella et André Ayew, l’AC Arles-Avignon ne réalise pas l’exploit de se maintenir dans le championnat de France. Au contraire, le club est moqué par le grand public car il s’impose seulement trois fois dans la saison. Trois victoires seulement à son compteur, il qui sera relégué très rapidement en Ligue 2 pour la saison suivante. 

L’ACA a obtenu l’un des pires bilans en Ligue 1 depuis l’apparition des 20 équipes dans le championnat.

Jusqu’en 2015, les jaunes et bleus se voient évoluer en Division 2 en enchaînant changements d’entraîneurs, de joueurs…, ne trouvant pas la stabilité nécessaire pour remonter en Ligue 1. Il faut avouer que le club reste marqué par la désillusion de leur passage furtif en Première Division.

 

Malgré les arrivées successives d’anciens pensionnaires de Ligue 1 tels que Mamadou Niang, l’ancien marseillais, Gaël Givet ou encore Pascal Chimbonda, finaliste de la Coupe du Monde 2006 l’Athlétic Club d’Arles-Avignon descend en National (3e division, donc) et perd son statut de club professionnel.

 

Hameur Bouazza à la lutte avec Jimmy Briand, attaquant de l’Olympique Lyonnais.
Source : Le Dauphiné

 

LA DESCENTE AUX ENFERS

 

Le club d’Arles-Avignon n’effectuera jamais sa descente en National. En effet, pour des raisons financières ils sont rétrogradés au niveau Régional et déposent le bilan. 

Selon la DNCG, les gendarmes du football, l’AC Arles-Avignon aurait procédé à une augmentation de capital après la date limite fixée par la brigade financière. Suite à cela, l’institution arlésienne-avignonnaise rompt la relation et le partenariat entre les deux villes.

Le club redevient l’AC Arlésien. Avignon ne fait plus partie du projet. 

 


« Ce qui est arrivé à l’ACA n’est pas étonnant. Une entreprise se bâtit sur du sérieux et de la continuité. Le président aurait dû garder une base, des garçons formidables, et renforcer régulièrement son équipe. Ça n’aurait pas coûté des fortunes.  Au lieu de ça, on a pris des types à la valeur discutable et les entraîneurs se sont succédés »

déclarait A. Bompard, un ancien élu d’Avignon, en 2015 lors du dépôt de bilan.


BILAN 

 

Aujourd’hui, l’Athlétic Club Arlésien est dernier au classement de Régional 2 et risque d’être rétrogradé au rang départemental (en Départemental 1) même si la saison n’est pas encore finie.

Les actionnaires souhaitaient repartir de zéro en 2015 et ramener le club au plus haut niveau mais c’est un échec considérable qui plonge le club dans l’anonymat.

 

N’oublions jamais le parcours fascinant que le club a eu, notamment lors de l’entente entre les deux villes de 2009 à 2015 et RCA souhaite à ce club de rebondir au plus vite, même s’il n’entretient aucun partenariat avec la ville d’Avignon de nos jours.

 

LOUIS V.

 

La rédaction

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