Alice, la comédie musicale !

Récemment, Radio Campus Avignon s’est rendu au Pays des Merveilles, afin de découvrir une adaptation du célèbre roman de Lewis Carroll. « Alice, la comédie musicale » était de retour à Avignon les 24 et 25 Mars, à la salle polyvalente de Montfavet, après deux années de participation au Festival Off d’Avignon.

30412151_2001949446736830_7665617699589849088_n

  C’est donc dans une salle remplie que nous avons assisté à ce spectacle plein de magie. Durant un peu plus d’une heure, Alice rencontre des personnages tous plus colorés et dynamiques les uns que les autres. On retrouve parmi eux le célèbre lapin blanc hyperactif, la chenille, le chat, le chapelier fou – qui a, semblerait-il beaucoup trop de théine dans le sang – et la maléfique reine de cœur. Ils accompagnent l’héroïne dans sa quête d’identité, lui rappelant qu’il n’est pas nécessaire de vouloir grandir trop vite.

Il faut, dans un premier temps, saluer la performance des six artistes sur scène : les chansons et chorégraphies sont parfaitement exécutées, les dialogues toujours dans le bon ton. On retrouve également tout au long du spectacle de nombreuses références à destination des adultes, ce qui fait que tout le monde s’y retrouve. Les enfants, eux, sont captivés par ce qui se déroule sous leurs yeux, et ce sans interruption.

30442474_2001949463403495_6949602554917421056_n

 

  L’originalité de ce spectacle passe tout d’abord par la musique et les costumes. De plus, le conte de Lewis Carroll a été remanié dans son début, de façon à faire apparaître l’auteur sur scène en tant que personnage. Le public retrouve ainsi l’histoire qu’il connaît, mais arrive à être surpris. Nous avons interrogé le producteur du spectacle, Julien Iscache, au sujet de la mise en scène de cette adaptation :

En plus du conte de Lewis Carroll, quelles ont été vos inspirations pour ce spectacle ?

« Notre compositeur étant un grand fan de Disney, les musiques du spectacle peuvent rappeler cet univers. On retrouve aussi un côté Tim Burton, surtout dans les décors.

Qu’est-ce qui rend la version que vous proposez inédite par rapport à toutes les autres adaptations ? 

Musicalement, notre version est assez jazzy et orchestrale, on n’a pas forcément l’habitude de retrouver ce type de musique dans les différentes adaptations d’Alice. L’originalité vient aussi du fait que le personnage d’Alice correspond à ce que l’on imagine d’elle, alors que tous les autres sont complètement tarés ! Ils ont chacun leur propre personnalité.

En fonction de quoi avez-vous choisi les costumes et les décors ?

L’idée, c’est que tout soit lié. Que ce soit au niveau des costumes, des décors ou du maquillage, il y a une vraie continuité entre ces éléments, notamment au niveau des couleurs choisies. Nos choix sont issus d’inspirations piochées à droite à gauche. On voulait surtout quelque chose de très moderne, et non un Alice version Disney.

30443163_2001949476736827_5620292069223301120_n

 

Comment ont été écrits les textes des chansons et les dialogues ?

On s’est tout d’abord basés sur le conte de Lewis Carroll, en tout cas sur le déroulé du spectacle. Après, il s’agit quand même d’un conte très linéaire, c’est-à-dire qu’Alice arrive dans le pays des merveilles et rencontre un à un les personnages. Dit comme ça, ça pourrait vite devenir ennuyeux, alors il a fallu vraiment y réfléchir. C’est pour ça qu’on a voulu que les personnages interviennent à différents moments et en groupe. Ça permet de caser cette linéarité.
On a beaucoup guidé l’écriture sur des idées de fond, on voulait raconter des choses. Chacun de nos personnages représente quelque chose : Alice est l’enfant qui veut grandir trop vite, et la reine de cœur représente l’autorité. La chenille est un personnage féminin qui représente la sensualité, l’adolescente qui devient une femme, alors que le chapelier fou est l’éternel adolescent. Chacun a sa personnalité et c’est ça qui a vraiment guidé l’écriture. Dès qu’un personnage dit quelque chose, ça doit coller à ce qu’il est.
L’écriture des chansons, elle, est liée à la musique et à ce que l’on veut raconter. L’idée des chansons dans une comédie musicale, c’est qu’elles soient le prolongement du texte, sans justement répéter ce qui a été dit cinq minutes avant.

 

Le message transmis par le spectacle est-il identique ou différent de celui du conte que tout le monde connaît ?

Je pense qu’on y retrouve quand même certaines choses, même si chacun peut en avoir sa propre vision. Il y a toujours cet aspect d’un personnage totalement perdu dans un monde complètement fou. Je pense que c’est un peu ce que vit une préadolescente de onze ans comme Alice quand elle arrive dans le monde des adultes. A mon avis, on est assez proche du type de message que le conte fait passer.
Après il y a beaucoup de messages cachés dans cette histoire. Il y a des choses qu’on aurait pu mettre en avant dans un spectacle purement destiné aux adultes et que l’on n’a pas mises ici. Par exemple, on sait que Lewis Carroll, qui est l’auteur, avait des comportements un peu particuliers avec les enfants… Et ça ce sont des choses qu’on suggère très discrètement dans une deuxième lecture. Ce n’est pas ça qu’on voulait mettre en avant. Mais si on l’avait écrit pour les adultes, peut-être aurait-on plus appuyé sur ce point. Là, on a travaillé notre écriture pour que ce soit quelque chose pour tout public. »

Un spectacle tout public donc, qui n’a pas fini de faire rêver petits et grands. Vous pouvez retrouver la bande annonce ici!

Amélie MERCIER

La rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *