Avec Meadow Lane Park, Le SuperHomard rêve d’une pop éveillée

 4 ans après leur premier tube Maple Key, Le SuperHomard propose depuis vendredi un nouvel album: Meadow Lane Park.

 

Le SuperHomard est bourré de talent, ça on le savait déjà. Cependant, comme face à un Olympique de Marseille en crise ou une bonne bouteille de Châteauneuf, on s’est dit qu’il fallait attendre. Et on a eu raison. La richesse des compositions de Christophe Vaillant, la complexité des arrangements et du mix de Benoît Pithon et le niveau artistique global de la bande ont passé un cap depuis l’année dernière. Leurs deux derniers EP (Pomegranate Tree et Springtime) annonçaient déjà une couleur printanière, renouvelée. En quelque sorte Meadow Lane Park est une promesse tenue.

Au centre d’une constellation de références et d’inspiration qui va grossièrement des High Llamas à John Barry, sans oublier Stereolab ou pourquoi pas Baxter Dury (je vous laisse écouter Elefant in the Room pour vous en convaincre), résumer le SuperHomard à ses influences serait pourtant une grosse erreur. Avec des éléments musicaux que l’on connaît bien (notamment la maîtrise appétissante d’un harpsichord mielleux et chaleureux sur toutes les chansons), la bande à Christophe Vaillant crée un univers totalement onirique, féerique et apaisant. La voix de Julie Bigos n’est alors que la trille juste essoufflée d’une colombe de retour après l’hiver. Si on est un brin poète comme moi, les premières fleurs des amandiers semblent fleurir au son de Springtime (Certainement LE gros tube de cet LP).

Le SuperHomard réinvente une esthétique yé-yé pas surannée du tout, alliant des basses bondissantes et des rythmiques formidablement incertaines et hésitantes. Explorant toutes sortes de tempo, la troupe avignonnaise développe un panel expressif très large, allant d’une ballade amoureuse dans un parc à la comptine enfantine de Black Diamond et même à une pointe de tension chromatique sur Snowflakes. La ligne de basse n’a alors plus rien à envier à des références du genre (je pense à l’album référence de Bertand Burgalat meets A.S Dragons). Pour finir il plane dès les premiers accords, une ambiance certaine, continue, une sorte de fil rouge. A ce titre, la musique du SuperHomard devient illustrative et pourrait habiller, comme le faisait Francis Lay jadis, les plus belles pages du cinéma français.

De toute manière, le succès ne pourra se contenir aux murs de la cité des papes, la presse française est conquise (Rock&Folk bombardent la sortie comme meilleur album du mois, rien que ça) et outre-manche voilà que des titres comme Black Diamond se retrouvent dans le top 15 des meilleures chansons de Paul Wellers (on y retrouve aussi This is America et Honeybee du groupe Unknown Mortal Orchestra, c’est dire). A juste titre on souligne chez Libération une portée esthétique phénoménale, partout l’esprit printanier est mis en avant; la classe à la française, à la Gainsbourg, à la Air ou plus flegmatique, à l’anglaise, comme Broadcast. Mais je vous l’ai déjà dit, les analogies ne suffisent plus au SuperHomard. En chantonnant encore une dernière ballade psych-pop, le crustacé le plus connu d’Avignon prend son envol.

Et il viendra d’ailleurs se poser le 18 Avril, sur la scène du Love Letters Festival, dans la cour de la Collection Lambert.

Guillaume Carlin

La rédaction

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