Billet d’humeur: “L’autodérision d’une société en crise d’information” – Semaine de la Presse

   Chers amis journalistes ou amateurs, dans le cadre de cette semaine de la presse j’ai voulu remettre en question toutes vos croyances. J’ai envie de bousculer ce qu’on pense être des acquis, j’ai envie de poser mon poing sur la table parce que nous n’avons en fait rien compris de tout ça. On parle de fake news, mais avant toute chose, j’aimerais revenir sur la définition de ce terme.

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Une fake news, vous l’aurez bien vu, c’est une “fausse information”. Bon jusque là, la traduction de l’anglais vers le français n’est pas bien compliquée, je vous l’accorde, mais voyons plus en détail de quoi il s’agit. Ces informations, dites fausses, sont des informations relayées principalement par les médias et les réseaux sociaux. Nous sommes donc, tous sans exception, confrontés à cet acte de désinformation complètement délibéré par ceux qui la diffusent. Regardez, pas plus tard qu’hier soir, j’ouvrais mon facebook pour “skroller” mon fil d’actualité, de manière complètement désintéressée, comme absolument tout le monde, et je suis tombée sur une publication partagée “ATTENTION FAKE NEWS” puis juste en dessous “L’ALERTE ENLÈVEMENT N’EST PLUS D’ACTUALITÉ”. Alors autant vous dire que, comme on dit, dans le jargons du coin “j’ai serré” parce que j’étais en train d’écrire cette chronique, puis finalement c’est l’exemple qui tombe à pic: je me balade sur facebook, une Fake News apparaît par hasard. Et c’est tout. Mais ce terme tentaculaire, présente d’autres éléments de définition. Certains comme le Monde le définisse comme le manifeste d’un soulèvement du peuple, d’une méfiance accrue envers les politiques, les intellectuels, les médias et le système contemporain. Certains autres comme France Info, confortent le niveau de responsabilité que peuvent avoir les réseaux sociaux dans le processus de diffusion. Ils énoncent que “sur internet, le faux, a plus de puissance et d’influence que le vrai”. On évoque aussi la notion de fact-checking ou bien le recours à une légifération par le gouvernement. Les Fake News touchent à tout et bousculent tout: c’est une crise de confiance.

  Si on en parle autant, c’est que les Fake News posent problème ; d’un point de vue éthique, politique et sociale, mais d’un point de vue terminologique, on touche du doigt une nébuleuse entité. Alors, prenons le taureau par les cornes et allons-y : est-ce que ceux qui la diffusent y croit? On remercie Romain Badouard, spécialiste des sciences de l’information et de la communication, pour sa sociologie de la rumeur: ces gens ne croient pas ce qu’ils disent, mais croient en l’effet que cela produit sur les individus. Et c’est ici, qu’un véritable message se cache: mais est-ce que c’est vrai ou pas? La fake news pose la question du vrai ou faux, du oui ou non, questions qui fait réfléchir, qui fait naître les débats entre nous. On parle de véracité, de ce qui est conforme et ça, ça repose sur la croyance. Jusqu’où pouvons nous dire, plus largement de quelque chose qu’il est vrai; si ce n’est le 1 + 1 = 2 et toutes les sciences dures, car ce sont des choses vraies, prouvées, des choses auxquelles nous croyons. Car les situations qu’englobent le terme fake news nous plongent dans une science du langage, du parler ensemble. La croyance repose finalement sur une confiance envers son interlocuteur, au delà de tout le reste.

  Si un individu propage une fake News, il diffuse du “pas vrai”. Mais dans l’acte même de communication, une Fake News est en fait une information, une vraie, comme dirions nous, qui ne relève pas de l’apparence qu’elle prendrait. Si je vous dis que cet individu ne cherchait en réalité qu’à s’exprimer et non pas nous tromper? Et si cette annonce “alerte enlèvement” d’hier soir signifiait qu’un individu souhaitait faire exister l’événement, par un simple acte militant et citoyen? Vrai ou faux? Et toutes ces choses que je vous liste et qui se composent d’arguments logiquement présentés, peut-on dire qu’elles sont vraies ou fausses? Et qui peut prétendre pouvoir être celui qui lance une Fake news? C’est un véritable combat de point de vue. Et si tout ceci n’était que ma simple intention de vous faire comprendre que l’information que je vous donne est un mensonge délibéré? Ou peut-être pas. A vous de choisir, soit on se moque de vous, soit on se moque de nous même. Nous voilà alors face à une science, tantôt identifiée, tantôt insaisissable, celle de l’interprétation.

PS: Retrouvez l’émission de la semaine de la presse ici!

Lydia PAUL

SOURCES:

  • https://www.lesechos.fr/tech-medias/medias/0301412654705-pourquoi-les-fake-news-se-pro pagent-bien-plus-vite-2160041.php
  • https://www.francetvinfo.fr/internet/reseaux-sociaux/l-origine-des-fake-news-est-une-pulsion -humaine-de-vouloir-etre-maitre-et-relais-d-une-nouveaute_2648744.html
  • le monde -> fake news, romain badouard)
  • https://www.20minutes.fr/dossier/fake

La rédaction

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