« Ça » : le film le plus effrayant des dix dernières années ?

   Après une première réalisation horrifique qui lui aura valu bien des critiques avec le film « Mama », Andrés Muschietti a décidé de rester dans le même registre en réalisant l’adaptation de « Ça », roman épouvante de Stephen King. Le film est déjà dans vos salles de cinéma depuis le 20 septembre. Radio Campus a prit son courage à deux mains en allant le voir pour vous en parler plus en détails !

 

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“Tu flotteras aussi…” Nouveau design pour Grippe-sou

    On se souvient tous de la première adaptation du roman « Ça » (« It » pour le titre original) réalisée par Tommy Lee Wallace en 1990. Le film avait beaucoup fait parler de lui, notamment grâce au personnage de Grippe-sou le clown, devenu aujourd’hui une référence en matière d’horreur. Plus de 20 ans après, Andrés Muschietti signe son retour sur grand écran. Ce nouveau long-métrage tiré du best-seller de Stephen King vaut-il vraiment le coup ?

 

   Synopsis : A Derry, une petite ville des États-Unis, les habitants doivent faire face à une affaire de disparitions d’enfants. Le petit Georgie Elmer est introuvable, alors qu’il jouait dehors avec son bateau en papier.  Le frère ainé de Georgie, Bill Elmer, décide alors de se lancer à sa recherche accompagné de ses amis du « Club des ratés ». Bien décidé à le retrouver, les enfants vont alors se confronter à une entité maléfique nommée « ça » qui prend la forme de leurs peurs les plus profondes. Cette dernière se présente également sous l’aspect d’un clown maléfique du nom de  Grippe-Sou…

 

    Il faut avouer que le scénario de base nous fait froid dans le dos et on sent déjà les frissons venir. Le film a d’ailleurs été désigné dans plusieurs magazines comme « le plus terrifiant de ces dix dernières années ». A tort ou à raison ? Sans doute un peu des deux, on reste mitigés.

   En effet, on est directement plongé dans une ambiance glauque et malsaine. La première scène annonce la couleur : une entrée sanglante, à base de musique à suspens et de séquences gores, la pression monte d’un cran… Pression qui restera d’ailleurs présente durant tout le film.  Yeux cachés, cris lâchés, main agrippées… ce long-métrage ne cessera de nous faire tressaillir. L’épouvante est présente et sera d’ailleurs mêlée aux rires, ce curieux mélange nous rendant confus. Quelques blagues, un humour (parfois) un peu lourd, mais qui se révélera très rassurant. Si le réalisateur a cherché à nous faire rire autant que nous effrayer, il a réussit son pari.

  Malgré ces bons points, on ne qualifiera pas ce long-métrage comme « le plus terrifiant de son époque » même si nous avons tous les ingrédients qu’il faut : du gore, de la musique sous haute tension, une ambiance malsaine, un scénario réfléchi et LE clown. Cependant, cette adaptation se rapprocherait plus d’un univers enfantin que d’un univers d’horrifique, similaire à Stranger Things. On en perd le fil de l’épouvante. Les enfants sont attachants, on suit leurs péripéties, leurs amourettes et leurs tourments d’adolescents. De plus, malgré les quelques sursauts dont on est victime et la pression qui nous envahit à plusieurs reprises, la véritable « peur » n’est pas présente. Les scènes sont trop prévisibles si bien que l’effet de surprise est absent et le film va decrescendo : plus le temps passe, moins on ressent de frissons. Sentiment qui s’applique également avec le personnage du clown : lors de sa première apparition, on est effrayé mais l’entité la plus terrifiante de la littérature perd clairement de sa superbe au fil du film, presque lié à un sentiment d’overdose.

  Côté casting, on est séduit. Les jeunes acteurs sont charmants, nul doute qu’on les verra à l’écran très prochainement. Avec Finn Wolfhard (acteur de Stranger Things), Jaeden Lieberher, Wyatt Oleff, Chosen Jacobs, Jeremy Ray Taylor, Jack Grazer et la jolie Sophia Lillis, le « Club des ratés » a su prendre vie de la plus belle manière qui soit. Quant à Bill Skarsgard dans le rôle de Grippe-Sou, il a incarné avec brio le clown le plus terrifiant de la pop-culture. Une chose est sûre : si Tim Curry a choqué toute une génération avec son propre jeu dans les années 90, Bill Skarsgard vient d’en traumatiser une nouvelle.

 

  Le pari est donc globalement réussi pour Andrés Muschietti malgré quelques déceptions bien présentes. On reste un peu sur notre faim mais pas de panique : une suite est prévue pour 2019. Une chose est sûre : on n’en a pas fini avec cette histoire de clown ! Et pour notre plus grand plaisir… (Ou non).

Alison BOURGOIN

La rédaction

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