Des elfes, des orcs, Will Smith, et le cauchemar Suicide Squad

Il a fait beaucoup de bruit, il est arrivé comme un cadeau de Noël avant l’heure pour les abonnés de la plateforme de streaming, mais que vaut la première super-production de Netflix, Bright, avec, dans le premier rôle, Will Smith? Radio Campus Avignon vous explique tout !

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Les personnages centraux du film: orc, fée et humain.

 

Synopsis :

Dans un univers fantastique et contemporain, l’humanité cohabite avec des orcs, des elfes et des fées. Au sein de cette société, deux policiers doivent travailler main dans la main malgré leurs différences pour affronter les ténèbres s’abattant sur leur monde.

   Réalisé par David Ayer (à qui l’on doit le regrettable Suicide Squad), ce long métrage suscite tout d’abord de l’amusement et de l’admiration par son propos et son fond. Présentant un monde contemporain où toutes les créatures féeriques et fantastiques, presque issues d’un univers héroico-féodal à faire pâlir Tolkien, continuent de vivre en compagnie des humains. Plaçant l’action à Los Angeles, cité des anges qui n’a d’angélique que son nom, ces différentes races vont donc interagir. Et c’est en ça que le film va s’avérer intelligent et original : la représentation moderne d’un monde qui n’était auparavant qu’ancré que durant une époque médiévale. On s’amuse donc avec plaisir à suivre les évolutions contemporaines des différentes espèces ainsi que la façon dont elles se sont adaptées à la modernité.

C’est ainsi que nous en venons au fond, car partant de ce postulat de modernité, le réalisateur nous dépeint, avec la figure des différentes espèces, les problèmes sociétaux présents dans nos sociétés. Et c’est d’autant plus intelligent au vu du contexte sociétal des Etats-Unis. Ainsi, tout y est représenté : les violences policières, le racisme qui s’inscrit dans les mœurs, l’insécurité, les classes supérieures qui s’enrichissent dans l’ignorance ; jusqu’à la question de l’absurdité du raccourci à l’héritage socio-philo-culturel pour la représentation d’un groupe de personnes. Rajoutez à ça une traque haletante, un duo qui fonctionne plutôt bien, des effets spéciaux visuellement corrects, et une bande-son qui tape : tous ces éléments donneraient un film réussi.

Mais (parce qu’il y a toujours un “mais”), le film est loin de l’être. En effet, les dialogues sont creux et assez mal écrit, la réalisation épileptique, les scènes d’actions floues… Mais surtout, le scénario est mal ficelé! Vraiment amusant et original, il tombe pourtant, une fois le “combat final” arrivé, dans l’écueil de l’hyper-héroïsation hollywoodienne que ça en devient affligeant. On retrouve exactement tout ce qui avait coûté à Suicide Squad de si mauvaises critiques, comme si le réalisateur avait fait fi de celles-ci.

Néanmoins, il reste assez réussi ; intéressant et amusant pour son fond et son propos; et, avouons-le avec un plaisir coupable, le long métrage de David Ayer a le mérite de ne pas nous laisser sur notre faim et de nous faire passer un bon moment. Car c’est une certitude, après le visionnage, on en ressort le sourire aux lèvres !

Florentin GROH

La rédaction

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