D’instants ou d’instincts, Eqi donne le tempo !

Installé tout l’été au lac de Monteux depuis 2 ans, l’équipe franco-québécoise propose une ambiance spectaculairement poétique où la musique et le cheval sont en harmonie. Ne vous y trompez pas, dès le lancement, Francesca Gagnon (la chanteuse) donne le ton en compagnie des musiciens (violon : Emma Sempere / violoncelle : Emmanuel Cremer / basse : Rémi Charmasson / guitare, chant et percussions : Jorge Delgado et Hervé Guinand). Chacun vient avec ses idées, ses propositions, à des moments inattendus. Comme nous l’a précisé Raphaël Sanchez (le chef d’orchestre) « il s’agit d’ouvrir la page, se dire qu’elle est blanche, elle s’ouvre pendant le spectacle ; il faut être ici et maintenant ; chaque jour, il faut se renouveler. On ne peut pas faire les choses deux fois pareil, il faut être sur le qui-vive ». Eqi, c’est un mélange de musiques et de prouesses chevaleresques, maitrisées, faites de l’instant et de l’instinct.

 
Couple rose

Dans le spectacle, la musique y joue l’un des premiers rôles : aussi vivantes que les chevaux, elles se greffent au tempo des animaux. Dans sa vigie, Raphaël regarde ce qui se passe, il tient entre ses mains les différentes facettes du spectacle. Parmi les 50 possibilités qui s’offre à lui : variations, soli, rythmiques ; il les module en fonction des humeurs des chevaux. Equipé d’oreillettes, il donne les consignes en temps réel aux musiciens. Et, sur sa console, Alain Courrieux (l’ingé-sons) répond aux désirs de variations du chef. Sur les thèmes de Peter Gabriel ou de Leonard Cohen, la musique sert de canevas de base où chaque soir, elle se mue selon les envies, les propositions des musiciens et des animaux. La musique porte ce qui se passe devant le public.

Couple rouge

Pour Rémi Charmasson, le travail  à l’oreillette est un confort non négligeable au vue de la taille du spectacle. Il s’agit pour le musicien d’une vraie expérience avec les animaux, où il faut s’adapter en fonction du rythme des chevaux. Le terme de musique vivante prend alors tout son sens, l’intérêt selon lui, est de suivre le spectacle, d’être porté par ce qu’il voit au gré des harmonies dicté par Raphaël ; être fin, inspiré par la poésie de l’instant.

Ballon

Cette démarche suppose de trouver les chevaux et de les préparer pendant 5 ans puis de s’entourer des créateurs pour mettre en place le spectacle. Au préalable, Frédéric Pignon (le directeur artistique) a fait des dessins et à partir de là, au gré des rencontres, en fonction de ses recherches a rassemblé une équipe (cascadeurs, musiciens, metteur en scène, etc.) avec des qualités différentes. C’est une évidence, en les écoutant avant et en les voyant pendant le spectacle ; ces personnes sont guidés par leurs vibrations, leurs énergies.

Ensemble

Pour Frédéric, il s’agit de présenter la symbiose entre l’homme et les équidés « sans instaurer de rapport de force tout en fixant un cadre mutuel ». Au delà du spectacle équestre, la musique live et le chant prennent une place importante. Un travail dans la durée pour que les chevaux afin qu’ils s’habituent à la musique, aux lumières : « avec Magali, on sait comment les chevaux réagissent, on essaye de minimiser les risques, on les habituent. On souhaite que le cheval arrive avec une habitude sur scène, qu’il se sente chez lui ».

 Pur sang

Lorsque Rémi Charmasson nous a accompagné à la séance d’entrainement, on a pu constaté que Frédéric soigne la relation avec ses chevaux, les récompensent lorsqu’ils font les choses bien ; tout en prenant en compte, le caractère unique de chacun de ses chevaux. L’ambition du directeur artistique est que le spectacle joue sur toutes les palettes émotionnelles, qu’il suggère des émotions. Frédéric souhaite que « ça touche à l’intuitif, le travail avec le cheval travaille à cela ; les chevaux sont sensibles à la musique ; c’est magique. On travaille beaucoup en musique, l’idée s’est que le spectacle ramène aux racines de l’homme ». Ainsi, la soirée n’est pas une série de prouesse techniques équines, c’est la manière dont les choses sont sous-entendus qui sublime les yeux et les oreilles des publics. Les histoires se racontent aussi dans l’imperfection, dans ce qu’elle touche au collectif. On retiendra une série d’images de nos échanges et du spectacle et particulièrement celle-ci : « A travers le cheval, on comprend qu’on est obligé d’improviser ; il y a une grande liberté. Je laisse mes chevaux s’exprimer, j’encourage ces moments où les chosent se passent une fois. A chaque fois que je commence la soirée, je veux me laisser mener par le courant, je ne veux pas aller contre ; je me laisse guider par mes chevaux. C’est là où on prend notre pied, le cheval est le chef d’orchestre. ». On vous le dit, de bout en bouts, d’instants ou d’instincts, Eqi donne le tempo !

 Fin

La rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.