Entretien avec Henri Dès : “La mélodie est un véhicule extraordinaire qui fait passer les chansons à travers le temps”

Plus de 50 ans de carrière, des générations entières bercées par ses chansons. De “Mon gros loup, mon petit loup” à “Cher cousin” en passant par “La petite Charlotte”, “La machine” ou encore “Le beau tambour” pour ne citer qu’eux; des versions originales instrumentales aux versions rock; des concerts avec musiciens, des sketchs avec Merlu aux concerts acoustiques…Tant de tubes pour enfants écrits, composés et interprétés par cet artiste. À l’occasion de la sortie de sa dernière compilation, “Henri Dès en solo – LES CHANSONS”, Henri Dès a accepté de répondre à nos questions.

Radio Campus Avignon : Bonjour Henri Dès. Merci de nous accorder cette interview pour Radio Campus Avignon.

Henri Dès : Je vous en prie.

RCA : Nous nous permettons de vous interviewer à la suite de la sortie de la compilation “Henri Dès en solo – LES CHANSONS”. Tout d’abord, première question : Pourquoi sortir cette compilation aujourd’hui ?

Henri Dès : Parce que ce nouveau spectacle solo est tout à fait nouveau pour moi. Ça fait pas très longtemps que je le fais, et on a fait une série de spectacles à La Grande Comédie à Paris, une dizaine de représentations à la Grande Comédie, et les gens à la sortie demandaient les chansons du spectacle. Et ces chansons étaient retirées parmi les dix-huit albums que j’ai écrit, il y en avait deux sur l’un, trois sur l’autre, une ou rien du tout, et puis c’était un peu compliqué. Donc on s’est dit “la bonne idée ça serait peut-être de faire un disque où il y a les 24 chansons du spectacle, tirées de mon répertoire traditionnel, avec les arrangements, et puis de les mettre sur un CD, comme ça les gens ils sortent du spectacle et puis ils ont tout de suite un CD avec les chansons qu’ils ont entendu, voilà ». C’est pour ça qu’on a fait ça.

RCA : C’est une manière pour eux de rapporter un souvenir en plus du concert. Est-ce un besoin vital, pour vous, de monter sur scène et, justement, de maintenir ce lien direct avec le public ?

Henri Dès : Et bien écoutez, je pense que vous faites pas ça, vous, mais moi je le fais, et je vous avouerai que c’est assez extraordinaire, parce que quand on monte sur scène et qu’on a du public devant soi et que ce public connaît toutes les chansons par cœur, ils chantent avec moi du début, de la première seconde à la dernière tout le monde chante, tout le monde connaît mes chansons, donc c’est très très gratifiant, c’est très jubilatoire pour moi, et pour les gens aussi, d’ailleurs, et je dois dire que je n’ai pas du tout de lassitude de donner ce spectacle ou mes spectacles parce que c’est toujours comme ça, quoi. Les gens me font la fête, me disent qu’ils m’aiment, donc on peut pas dire que ce soit un somme (rires). Je ne vais pas au charbon, disons ! Je vais plutôt à la fête, quoi !

RCA : On avait une autre question. On voulait savoir si le public était différent, pour vous, quand vous êtes seul sur scène ou avec Ze Grands Gamins ?

Henri Dès : C’est pas le même public. Quand je suis seul, c’est un public familial. C’est un public de gens qui m’ont entendu quand ils étaient petits et qui ont maintenant entre 30 et 40 ans, et qui viennent avec leurs enfants et tout le monde chante parce qu’ils m’ont connu étant mômes, et le phénomène est un tout petit peu différent en ce qui concerne Henri Dès et Ze Grands Gamins parce que c’est d’abord des arrangements très rock, très trash. Ça dégage, ça dépote, et c’est en général le soir, et les gens qui viennent me voir ce ne sont que des adultes qui ont évidemment baigné dans mon répertoire toute leur enfance, et qui chantent mes chansons. Donc en fait c’est une ambiance très rock mais très marrante, c’est très sympa, très rigolo.


RCA : Il y a donc une continuité dans tout cela et faire des chansons rock permet de plaire à un public un peu plus adulte. Du coup vous avez 2 types de spectacles : un type de spectacle en solo et un type de spectacle avec Ze Grands Gamins. Est-ce qu’on peut dire qu’il y a deux publics différents ?

Henri Dès : Pas tellement, non. J’ai choisi les chansons autant dans un spectacle que dans l’autre, des chansons susceptibles d’être reconnues par le public qui vient me voir. Donc on peut dire qu’il y a beaucoup de mêmes chansons. C’est un spectacle très très dépouillé où je suis seul sur un tabouret, je chante mes chansons à la guitare et c’est les yeux dans les yeux avec le public, il y a une espèce d’ambiance très chaleureuse de retrouvailles, comme ça, dans des salles pas très grandes, des salles de 400, 600, 800 places, et puis les Grands Gamins c’est les mêmes chansons mais elles sont adaptées, arrangées en rock. Les musiciens qui jouent avec moi ce sont des musiciens habitués à faire ce genre de musique, les arrangements on les a fait ensemble, et c’est des salles qui font souvent entre 3000 et 5000 personnes. C’est des plateaux de festival.

RCA : Comment imaginez-vous la suite de votre carrière ?

Henri Dès : (rires) J’y pense pas ! La seule chose qui pourrait m’empêcher de continuer c’est peut-être la santé, parce que j’ai quand-même l’âge d’être votre grand-père, probablement, donc à un moment donné la fatigue se fait sentir, et puis si jamais je suis malade je ne pourrai plus. Pour l’instant je suis en très très bonne forme et je continue. Donc en fait c’est ça qui va peut-être m’empêcher, ou la très grosse fatigue qui m’empêcherais de monter sur scène parce que c’est quand même assez fatiguant. Avant le spectacle, pendant les répétitions, je rencontre des journalistes, après le spectacle je fais des signatures, les gens viennent me parler, faire des selfies, et puis après il y a les voyages, des fois trois heures, quatre heures de route, donc c’est assez fatiguant, donc peut-être qu’à un moment donné je me dirais “Voilà, faut que j’arrête !”. Mais pour l’instant c’est pas d’actualité.

RCA : Nous voulions savoir aussi quel est le secret de votre longévité en tant qu’artiste, parce que ça fait plusieurs années, même 40/50 ans que vous chantez, donc on se demandait “Comment fait-il pour chanter pendant si longtemps ? Pour ne pas manquer d’inspiration ?”.

Henri Dès : Je pense que ça tient beaucoup à l’écriture des chansons, ça c’est sûr. Les chansons sont écrites avec un texte et une musique et ces deux choses-là si c’est un bon mariage, les gens arrivent à les chanter. Les chansons ont des mélodies que les gens retiennent et puis elles passent le temps grâce à ça, probablement. La mélodie est un véhicule extraordinaire qui fait passer les chansons à travers le temps. Des chansons qui n’ont pas de mélodie ont peut de chance d’être chantées par les gens, donc elles ne vont pas être transmises de l’un à l’autre et c’est pour ça qu’elles durent beaucoup moins longtemps. Moi, les miennes, les toutes premières que sorties en 1977, je les chante encore à mon spectacle et que ce soit les parents ou les enfants, ils les connaissent. Et c’est peut-être pour ça que ça dure depuis si longtemps et je pense que ma forme physique doit y être, aussi, pour quelque chose. Les gens qui me voient sur scène ils n’ont pas l’impression qu’ils ont à faire à quelqu’un de délabré (rires). Probablement que j’arrive à les porter encore jusqu’à aujourd’hui, et puis je pense que si je ne suis plus là un jour, ces chansons, peut-être continueront à être transmises, mais parce que, justement, elles sont écrites et que le mariage entre le texte et la musique fonctionne.

RCA : Pourquoi avoir choisi d’écrire pour les enfants ?

Henri Dès : J’ai fait une carrière d’une dizaine d’années, pour adultes, et puis ensuite mon fils Pierrick, qui m’accompagne, d’ailleurs, dans le groupe “Henri Dès et Ze Grands Gamins”, il est batteur, c’est un très bon batteur, et quand il avait 5 ans est arrivée au monde une petite sœur qu’on a appelé Camille et puis j’ai fait une chanson que j’ai appelé “Ma Petite Sœur”.

RCA : Quand vous écrivez, est-ce que vous écrivez pour les enfants ou pour les familles plus généralement ? Il y a souvent un double degré de lecture que l’on peut trouver dans vos chansons. Est-ce que vous y pensez quand vous écrivez ?

Henri Dès : Je suis très instinctif quand j’écris donc quand je commence une chanson je ne sais pas comment je vais l’écrire mais c’est vrai qu’il y a deux lectures. Il y a une lecture qui correspond à un enfant qui comprend la chanson, mais les parents s’y retrouvent aussi, ils n’ont pas l’impression de s’embêter dans mes chansons. J’avais pas envie de m’embêter dans mes chansons lorsqu’elles me plaisent. J’étais un adulte qui écrivait pour les enfants, j’étais un adulte qui essaye de comprendre ce monde.

RCA : Actuellement, est-ce que vous envisagez d’explorer d’autre styles musicaux ?

Henri Dès : Alors, je suis en plein dans un truc assez extraordinaire et c’est pas de ma faute, encore une fois, si ça se fait comme ça. Il se trouve, justement, qu’avant mes chansons pour enfants j’ai fait une carrière qui a pas mal marchée, pour adultes. Et quand j’ai commencé à faire mon premier disque pour enfants j’ai pas voulu mélanger les deux choses, je ne voulais pas chanter et des chansons pour adultes et des chansons pour enfants parce que ça risquait de ne pas être trop bien compris par le public qui n’aurait pas tellement su ce que j’étais, qui j’étais et ce que je faisais. Alors j’ai décidé de faire que de la chanson pour enfants, et j’ai décidé de laisser tomber les chansons pour adultes. Et mon fils, Pierrick, qui a maintenant 48 ans, il a fait un rêve au mois d’août l’année passée, et dans ce rêve il se voyait chanter mes chansons pour adultes. Et le lendemain il me téléphone, puis il me dit “Tu sais quoi ? J’ai rêvé ça !”. Puis je lui dis “Pourquoi ? Tu as envie de les chanter ?”, il me dit “Non non ! Pas du tout ! J’ai simplement rêvé ça”. Et puis, comme je lui ai posé la question de savoir s’il voulait les chanter, il a tout sorti, les disques vinyles qu’il avait à l’époque, il a écouté toutes les chansons que j’avais faites – y’en avait une trentaine – et puis il a eu l’impression qu’elles étaient d’actualité, que c’était des chansons qui parlent d’écologie, qui parlent de guerre, qui parlent d’amour, du temps perdu, des choses comme ça, et il s’est mis à travailler les chansons et on sort le disque, maintenant, c’est-à-dire qu’on va sortir le disque en Suisse le 14 mai, on va faire le vernissage là, on va attendre pour le sortir en France. Le disque s’appelle “Pierrick Destraz – parce que Destraz c’est mon nom de famille, donc c’est Destraz, car en fait on a coupé le patronyme en deux pour en faire un pseudonyme de Henri Dès, et le disque s’appellera “Pierrick Destraz – Le Temps Perdu”. Il y a 14 chansons là-dedans et il a fait ça de manière absolument magnifique, juste une guitare, une deuxième guitare et une basse et c’est merveilleux. Pour moi c’est merveilleux, c’est un véritable cadeau qu’il me fait et il a aussi l’impression que je lui ai fait ce cadeau en gardant ces chansons cachées dans une marmite pendant très longtemps.

RCA : Est-ce que vous envisagez d’explorer d’autres styles musicaux ? Est-ce que c’est plus un retour aux sources ou est-ce que vous avez envie de conjuguer plutôt les deux : le style “chanson pour enfant”, “chanson pour adulte”, et même éventuellement d’aller vers autre chose que le rock éventuellement, pourquoi pas “Henri Dès fait du rap” ?

Henri Dès : Alors, attendez. Du rap, il y a peu de chance. D’abord, ce n’est pas moi qui cherche, je ne cherche jamais, je n’ai jamais couru après les choses. C’est les choses qui sont venues à moi. Le fait de faire des chansons pour enfant c’est parce que Pierrick a eu l’âge d’écouter des chansons et que j’ai eu envie de lui écrire un texte et une musique qu’il puisse comprendre, ça c’est arrivé tout seul et naturellement, et puis maintenant il se trouve qu’elles sont dans une marmite, sous le couvercle, et puis il les a sorti et il a envie de le faire. C’est lui qui fait. Ce n’est pas moi qui fait chanter ces chansons, je ne vais pas les reprendre : c’est lui qui le fait. Et puis, si il y a des propositions, elles viendront, et si elles m’intéressent je les suivrai, mais sinon, je ferai pas. Mais je ne cherche rien du tout. J’ai jamais cherché quoi que ce soit, les choses sont arrivées seules et c’est mon bon sens, si j’en ai un, et je crois que j’en ai un bon qui décide si je fais ou si je fais pas.

RCA : Qu’est-ce que vous écoutez comme musique aujourd’hui ? Quels styles musicaux vous attire le plus ?

Henri Dès : J’écoute un peu la radio donc il y a plein de trucs, on entend des tas de trucs à la radio, et je suis un peu désolé de m’apercevoir que la chanson française a un peu perdu de sa force. J’aime beaucoup la chanson française. Il y a eu trois périodes de grandes chansons françaises : la première il y a quarante ans avec Brel, Brassens, Guy Béat, etc, une autre période il y a une vingtaine d’années avec Renaud, Cabrel, Souchon, et maintenant j’attends désespérément quelqu’un, et ce quelqu’un c’était Stromae. Pour moi c’était formidable, et vraiment il alliait autant les bons textes que la bonne musique et les mises en scène époustouflantes, et puis il a arrêté, alors j’en suis vraiment désolé car j’aimais beaucoup ce qu’il faisait, et j’attends toujours. J’attends quelqu’un qui vienne et qui me surprenne avec des vrais textes, avec des bons textes. Vraiment, c’est bien gentil, c’est sympa, c’est des tubes, mais pour moi c’est pas suffisant, voilà.


RCA : Et vous êtes confiant envers l’avenir, d’un point de vue musical ?

Henri Dès : Vous savez, c’est comme dans tous les domaines : quand ça part trop fort dans un sens, la musique part dans une certaine direction à cause de la télévision, à cause de The Voice, à cause de ce genre d’émissions, forcément, ça tire la chanson d’un côté et ça met les gens qui aimeraient une autre forme de chanson sur le bord de la route et qui sont en manque. Donc je suis assez confiant parce que les gens vont à un moment donné avoir envie d’autre chose. Il y aura d’autres choses. Quelqu’un va arriver avec quelque chose d’intéressant, moi je suis sûr. C’est pas encore arrivé ! (rires) J’attends toujours, avec impatience.

RCA : Sans transition : que devient Merlu ?

Henri Dès : Alors maintenant, comme je fais un spectacle très très dépouillé, j’ai pas besoin de comédien sur scène ni de musicien, Merlu a arrêté son rôle de trublion sur scène. Au départ il était technicien, lui. C’est un technicien, puis comme il avait une bonne tchatche, c’était un peu un déconneur, comme ça, on l’avait choisi. On lui a dit “tu veux pas faire quelque chose ?” puis il a dit “d’accord”, voilà ! Mais maintenant c’est mon éclairagiste. Donc dans toutes les tournées qu’on fait ensemble en France et en Belgique, par exemple, Merlu, c’est-à-dire Tibert, est avec moi, et puis il fait les éclairages.

RCA : Nous voulions également savoir pourquoi avoir mis Zep pour la pochette, quels ont été vos critères de choix ?

Henri Dès : Pourquoi Zep m’a fait la pochette ? Parce qu’on est amis et que je lui ai demandé (rires). C’est un très grand ami Zep, donc je l’ai appelé et puis « Écoute, je fais un disque », il m’avait déjà fait des affiches pour le spectacle précédent qui s’appelait « En famille » où on me voit avec des espèces de petits gamins qui me tirent sur la moustache. Et puis là, il m’a dit « Écoute, d’accord » mais « Je sors mon album et je peux rien te promettre avant telle date. Je te fais une proposition » et il m’a fait plusieurs petits “crebars”, puis on s’était arrêtés sur celui-ci, il l’a donc fait parce qu’on est très proches.

RCA : Du coup, est-ce qu’on peut dire, d’après ce que je comprends, que vous êtes un peu un instinctif si j’ose dire, quelqu’un qui prend les choses comme elles viennent et qui essaie juste de faire de son mieux pour aider à rassembler les gens autour de la musique ?

Henri Dès : En ce qui me concerne, oui. Je ne suis pas un donneur de leçon, je n’ai pas à demander aux gens ce qu’ils n’ont pas envie de faire. Simplement, je fais des chansons de manière complètement instinctive. Quand je me mets à table pour écrire une chanson, je ne sais pas encore ce que je vais écrire, donc, je fais d’abord la musique puis le texte vient dessus. En général, je mets 2 jours à écrire une chanson. Puis la chanson croise ou ne croise pas le public. Si ça croise le public, formidable, tant mieux pour moi, tant mieux pour lui, et puis tout va bien. Donc j’ai pas de but particulier, seulement, je fais ça pour mon plaisir, j’ai jamais eu quelqu’un qui m’a forcé à écrire ce que j’avais pas envie d’écrire. Je vous avouerais qu’au début, les gens ne m’ont pas fait confiance, donc il a fallu que je me prenne en main.

RCA : C’est normal quand on ose… C’est ce à quoi aussi on est confronté en tant que jeune, de pas forcément avoir la confiance des autres quand on ose faire des choses nouvelles. J’ai l’impression que vous avez la même mentalité.

Henri Dès : Oui, probablement, ça a dû jouer un rôle. Vous, vous êtes souvent confrontés à ce genre de phénomène, si vous avez envie de proposer quelque chose, vous allez avoir des objections en face et vous allez devoir vous défendre. Et puis, il vous faudra un peu de courage pour continuer. Moi j’étais tout seul dans mon coin parce que quand j’ai commencé la chanson pour jeune public, je suis allé présenter mes chansons à des maisons de disque qui avaient un répertoire jeune public. Évidemment, ça ne les intéressait pas du tout et ils m’ont envoyé l’apprenti du coin pour écouter les chansons, et puis comme mon fils chantait avec moi, il m’a dit : « Écoutez, vous avez peut-être une chance si jamais vous chantez à la télévision avec votre fils ». C’est hors de question, je ne ferais jamais ça, je vais pas me mettre en danger, je ne veux pas que ce soit un petit singe savant, donc pas question. Ils n’ont pas voulu, toutes les maisons de disque m’ont dit une chose comme ça, donc j’ai monté ma propre firme et j’ai commencé tout en bas et ça s’est mis à marcher par le bouche à oreille et puis j’ai vendu les disques que j’ai vendu, c’est-à-dire beaucoup…

RCA : Des millions!

Henri Dès : Combien ?

RCA : 5 millions.

Henri Dès : 5 millions et puis j’ai fait l’Olympia 93 fois, ce qui est probablement un record. Donc en fait, ça s’est fait comme ça et puis les télévisions, les radios ne me prenaient pas. Je n’ai jamais fait de prime time, vous ne m’avez jamais vu en prime time à la télévision. Et puis, je passe pas à la radio non plus, donc c’est le bouche à oreille qui a fait son travail.

RCA : Et vous regrettez cela de ne pas avoir été plus présent dans les médias, ou en tout cas à la télé ?

Henri Dès: Quand les journalistes me posent la question, comme celle que vous me posez, je réponds que finalement, heureusement pour moi et malheureusement pour eux, si j’ai pu passer outre, si j’ai pu arriver à m’en sortir sans eux, c’est que je n’ai pas besoin d’eux. Le bouche à oreille s’est fait sans les médias, enfin, j’ai eu bien sûr, un peu de radio, mais pas beaucoup! Quand je fais une émission comme la vôtre, on me passe une chanson à la fin, pourquoi pas!

RCA: Et puis l’Eurovision aussi!

Henri Dès: C’est que le bouche à oreille et puis après les maisons de disques ont eu envie de me tirer le tapis rouge pour m’engager, on a pas voulu, j’ai gardé mon indépendance. On a commencé à me solliciter pour des trucs, mais après, quoi! Il a fallu que je m’impose et puis c’est après que tout ça est arrivé.

RCA : Vous pensez rester chez Marie-Josée Productions à l’avenir ?

Henri Dès : C’est moi Marie-Josée Productions.

RCA : D’accord. C’est toujours vous.

Henri Dès: On a appelé ça Marie-Josée Productions parce qu’on ne savait pas comment l’appeler mais ma femme ne s’est pas occupée de ça. Elle était ma conseillère mais elle ne s’est pas occupé de la boite, j’ai une boite à Paris. Tous mes disques sortent sur une production Marie-Josée, oui. Mais c’est distribué, selon les pays, par des distributeurs divers.

RCA : En France, les albums étaient diffusés, en tout cas les derniers, par Universal, et je n’ai pas vu par qui était distribué le “Henri Dès – En Solo”.

Henri Dès : Pour l’instant c’est PIAS, je crois, qui va s’occuper ça. C’est la distribution PIAS. C’est eux qui distribuent la plupart de mes disques.

RCA : D’accord, c’est bien ce qui est inscrit sur le disque. Vraiment, merci beaucoup pour cet entretien.


Vous pouvez retrouvez la compilation “Henri Dès en solo – LES CHANSONS” en streaming et en téléchargement légal, ainsi qu’en CD chez votre disquaire habituel.

Gwen LANGLOIS

Lilian MOY

Tobie PIRON

Océane POUPARD

Nicolas SIMON- -ALTIBELLI

La rédaction

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