Frames Festival: une bonne idee qui s’arrête là?

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Du 3 au 4 Septembre s’est déroulée la première édition du Frames Festival. Avec la Cité des Papes comme trame de fond, l’événement qui réunissait des vidéastes a attiré plus de 2500 personnes autour des plus grands noms d’Internet (Golden Moustache, Antoine Daniel, French Food Porn et j’en passe). L’organisation proposait trois endroits aux festivaliers pour aller voir leurs idoles : La Collection Lambert, le cinéma Le Pandora et la salle du Conclave du Palais des Papes. Sous l’initiative de Francois Theurel (Le Fossoyeur de Films), Patrick Baud (Axolot), Mathieu Pradalet (French Food Porn) et du Pandora, ces géants de YouTube ont fait venir une grande compagnie de stars du net. Ainsi, ont été aperçus dans Avignon, Adrien Menielle, Antoine Daniel, Marion Seclin, Cyrus North, PV Nova, Waxx, Julien Josselin pour le plus grand plaisir des fans. L’initiative est admirable surtout lorsque l’on prend en compte le fait que la plupart des colloques de ce genre se déroulent en région parisienne ou dans le Nord de la France. Le Sud a désormais son festival de « vidéastes internet ».

« On veut un festival de qualité. Même si on ne fait pas forcément venir les têtes d’affiche, on veut que les gens qui viennent nous intéressent. »

En effet, pas de Norman, de Cyprien et autres machines de ce genre. Mais de là à dire qu’il n’y avait pas de tête d’affiche, n’abusons pas. Ainsi, on a pu assister, durant les deux jours a une succession de conférences, tables rondes, “procès”, podcasts, tournages mettant en scène les youtubeurs invités. Premier bémol : aucune salle dans le centre d’Avignon n’était apte à recevoir un tel afflux de visiteurs. Résultat: des files d’attentes longues comme devant le Paris en juillet, des gens qui s’impatientent sous le soleil et des youtubeurs invisibles. Pourtant, l’organisation avait prévu le coup et avait prévu des inscriptions pour les activités susceptibles d’attirer le plus de monde. Nouveau problème: alors que les inscriptions ouvraient à 8h 30 le matin, elles furent fermées dès 10h le Samedi.

« Plus de place pour Antoine Daniel, pour French Ball et pour le concert de PV Nova et Waxx. »

Quand on se balade dans la rue, on apprend que certains sont venus d’Angers ou encore de Sochaux. Ils ont payés leurs places 31 euros pour la journée ou encore 50 pour le week-end et déjà entend-on les premiers soupçons de surbooking. Les bénévoles sont conciliants et plutôt marrants, du coup ça aide un peu, on ne le cache pas. C’est samedi, il est 11h30, et le week-end risque d’être long. On peine un peu, mais on entre dans notre première activité, le tournage de la prochaine vidéo de French Food Porn. Dans la salle du Conclave, Mathieu Pradalet nous explique l’histoire de l’épisode (no spoiler), il a invité beaucoup de ses copains venus au Frames. Mais vous voyez déjà venir le problème: un tournage c’est plutôt ennuyeux. Surtout quand c’est fait phrases par phrases. Les paupières se font lourdes, et les quelques vannes de Cyrus North ne détendent pas l’ambiance. Sur ce coup, on n’a pas réellement pensé au public, on est filmé une paire de fois et une fois passé l’épisode de l’hôtesse sexy (passage obligé dans les vidéos de French Food Porn), on quitte la salle.

On a également réussi à avoir des billets pour le Floodcast de Flober, tourné en public. Mais encore une fois, on n’a pas pensé à ceux qui ont payé leurs billets. Et oui, une émission de radio en live c’est aussi chiant, surtout quand on ne fait pas participer le public. Et c’est parti pour une heure de podcast, très plat, où les invités (encore uniquement des youtubeurs) content leurs vies. Disons que c’est un poil plus intéressant. On en ressort usé. Et une journée d’achevée. Nous nous sommes rendus à deux activités et on s’est carrément ennuyés. Du coup, la motivation n’est pas au beau fixe pour revenir le lendemain. Mais comme on est des gens biens, on est revenus, et avec la ferme intention de changer d’avis sur ce festival. Manque de pot, ça n’a pas marché.

Dimanche à 11h15, devant la Collection Lambert, ce sont plus de 200 personnes qui  attendent patiemment de pouvoir entrer pour assister à la conférence de Dirty Biology. Cela se passe dans l’auditorium de la Collection Lambert et pour ceux qui y sont déjà entré, ce n’est pas bien grand. Difficile de ne pas penser qu’il y a encore une erreur dans l’organisation, voire des mauvaises intentions. On abandonne évidemment et on se tourne vers le dernier des procès de l’Originale qui était l’une des attractions phares de cette édition. De nouveau au Conclave, on se rend compte que Frames a peut être décidé de concentrer tous les trucs peu intéressants au même endroit. Le concept de l’émission, c’est de prendre le prétexte d’un procès pour juger un youtubeur sur ce qu’il fait le mieux. Et devinez qui présente ? Un youtubeur, évidemment ! Son avocat, c’est Antoine Daniel et en témoin spécial et secret on a PV Nova, son pote de toujours. Quelques blagues arrivent à faire passer le temps, mais en général c’est plutôt plat. Encore une fois, on raconte la vie d’un youtubeur, son passé, son enfance, comment il en est arrivé à ce métier. On en sort abrutis, mais on ne perd pas courage. On se rend à une conférence en prenant bien soin d’arriver 30 minutes en avance. « C’est une autre histoire » nous raconte deux mythes grecs portant sur l’inceste (c’était le thème de la conférence), ça dure 20 minutes, elle s’excuse puis on sort. Notre dernière cible, c’était la conférence d’Axolot, un vidéaste avignonnais, mais c’est là où on a eu le plus peur. Devant, le Pandora et même dans la Rue de la République s’étendait une file de plusieurs centaines de personnes qui remontait sur une centaine de mètres. On nous annonce 384 personnes et d’autres continuent d’arriver. On est abasourdis, écœurés. Désormais le surbooking a une image : ces 400 festivaliers qui ont payé à prix d’or le droit de rêver de rentrer pour voir Axolot.

C’est la fin de ces 2 jours. Il se doit d’admettre que nous étions de base des néophytes de ces vidéastes présents mais nous les connaissions tout de même ; malheureusement pas assez pour être satisfaits par la simple vue de ces intervenants. En effet, on a eu l’impression que la plupart du public présent pouvait simplement se contenter d’entendre quelques faibles blagues d’Antoine Daniel. J’admire la capacité d’être si adepte d’une personnalité que sa simple présence peut vous égayer mais il manque malheureusement un fond, la majorité des thèmes étant auto-centrés sur des anecdotes de la vie des vidéastes. Une première édition qui a extrêmement bien fonctionné, voire trop, mais qui nous a tout de même laissés sur notre faim.

 

Guillaume Carlin et Axel Lemperière

La rédaction

6 commentaires

  1. Bonjour,

    Pour ma part j’aurais une petite question suite à votre article, quel contenu vous attendiez vous à voir dans un festival de vidéastes? Non parce que râler que des “youtubeur” (quand on est poli on dit vidéaste, mais passons…) animent différentes activités me semblent être sacrément de mauvaise foi dans ce cas là… Sans parler d’un certain manque de vérification (il y a bien eu participation du public lors du floodcast).

    ps: question subsidiaire, pourquoi signer “la rédaction”, vous aviez peur de vous faire allumer suite à cet article? ou de vous faire refuser l’accès d’une prochaine édition?

    Merci d’avance pour votre réponse qui je pense est attendue par pas mal de monde.

  2. Salut Gemini et merci de ton commentaire,
    Comme nous avons pu le dire sur notre page Facebook (je t’invite d’ailleurs à lire le commentaire que nous avons posté sur le post de l’article), l’article relate l’expérience PERSONNELLE et subjective de nos reporters. Chacun est libre d’apprécier et de juger comme bon lui semble le contenu des conférences et autres activités présentes durant le festival. Concernant, la signature de l’article, merci de la remarque car l’erreur a été corrigée!
    Bonne journée à toi.

  3. Bonjour,

    Merci pour votre réponse, mais quelques points me chagrinent.
    1) Vous ne répondez pas à ma question principale ” quel contenu vous attendiez vous à voir dans un festival de vidéastes?” (que ce soit vous ou vos bénévoles).
    2) Je ne trouve pas ça normal de faire un article sur un site et de dire d’aller lire la réponse sur un autre site.
    3) Je veux bien que ce soit une expérience personnelle, mais à ce moment là il faut le préciser en début d’article (surtout qu’à ce moment là il s’agit plus d’un “billet d’humeur” que d’un article à proprement parler).
    4) Il aurait fallu vérifier un minimum comment cela s’est passé, car par exemple le public à pu participer au “floodcast” lors de la dernière partie de l’émission (le jeu de Jean-Marie Bigard).
    5) “Difficile de ne pas penser qu’il y a encore une erreur dans l’organisation, voire des mauvaises intentions.” c’est très très limite comme propos…

    • Bonjour,
      Pour répondre définitivement à votre question, nous ne nous attendions à aucun contenu spécifique, nos bénévoles ont simplement remarqués que certains contenus étaient assez auto-centrés sur les vidéastes, là était l’objet de la phrase. Enfin, nous n’avons pas à recevoir de conseils ou toute autre moralisation sur notre ligne éditoriale et notre manière de publier. En vous remerciant de votre attention, bonne journée.

        • Je ne comprends pas ce qui vous dérange Gemini ? Que l’article critique plutôt négativement un festival ou un évènement culturel, comme ça se fait dans plein d’autres médias au sujet de plein d’évènements culturels ? C’est évident qu’il s’agit d’un avis personnel, l’inverse, ce serait quoi ? Quand un journaliste critique un film, un livre ou même une édition du Festival d’Avignon ou de Cannes, c’est une critique, c’est un article, pas un billet d’humeur, c’est normal.

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