Glass : la suite du thriller glaçant

  Après la sortie d’Incassable en 2000 et de Split en 2016, M.Night Shaymalan réunit nos trois personnages aux capacités surhumaines et aux personnalités flippantes pour un troisième volet fantastique. Radio Campus Avignon met la lumière sur ce long métrage aux airs de film de super héros, sorti en salle le 16 janvier 2019.

 Un génie souffrant du syndrome des os de verre, un schizophrène aux 23 personnalités et un rescapé avec une force accablante : voici notre trio de patients super héroïques tout les trois réunis au sein du dernier long-métrage servant de conclusion à la trilogie entamée par M.Night Shaymalan. Presque 16 ans après l’accident de train où était transporté David Dunn l’homme incassable incarné par Bruce Willis, celui-ci se lance à la poursuite de «La Bête», une personnalité plus dangereuse que les 22 autres, que Kevin Wendell Crumb (James McAvoy) est capable d’endosser. Désormais tous les trois se trouvent enfermés dans l’asile psychiatrique de Raven Hill au côté du mystérieux Elijah Prince, un handicapé machiavélique (Samuel L.Jackson) à l’origine de l’accident de train. Ce dernier dit détenir des informations capitales sur les deux hommes. Déterminé à dévoiler au monde et prouver à la psychiatre interprétée par Sarah Paulson, que le super héroïsme n’est pas qu’une vue de l’esprit malade de nos patients.

Même si Glass est bien le grand film méta attendu, il ne s’agit certainement pas ici d’un film de super-héros à la Marvel ou DC Comics, un genre des années 2000 qui est devenu incontournable dans le paysage cinématographique mondial. Glass le réinvente et déconstruit cette mythologie, avec cependant un budget bien moins conséquent que les blockbusters comme Black Panther ou Aquaman. Avec ses 20 millions de dollars, la notion d’héroïsme dans Glass est abordée avec beaucoup plus de subtilité. On retrouve le scénario dans une structure classique d’un film de super héro. La scène de confrontation de David Dunn et Kevin W.Crumb dans un lieu public pour dévoiler au monde la véritable identité des personnages en est l’illustration. M.Night Shaymalan a choisi, en contrepartie, une technique à contre-courant des productions américaines actuelles. Pas d’effets spéciaux ni de personnages formalistes et stéréotypés. Peu d’actions et peu de spectacle comme on a l’habitude de voir mais un aspect bien plus réaliste sur des hommes ordinaires qui sont contraints de penser que leurs différences surnaturelles n’existent pas.

En se discernant de tout ces dictas du cinéma nord-américain, M.Night Shaymalan nous présente des décors où l’intrigue se dévoilera à huis-clos, au lieu des paysages urbains traditionnels. Cet asile austère, entièrement construit en studio, a de quoi instaurer une ambiance glaçante : aides soignants brutaux, psychiatre sournoise, chambres angoissantes etc. Dans cette même tendance, notre réalisateur se sépare des costumes héroïques afin de rendre plus crédibles les personnages. L’un de ses artifices s’exprime aussi par le choix des couleurs propres à l’identité visuelle d’un héro. Le vert pour le bien, le violet pour le mal et la combinaison jaune que Kevin porte pour prononcer son tiraillement entre les deux dilemmes.

 Mais le plus prodigieux dans Glass et bien évidemment la prestation de James McAvoy nous sidérant devant l’incarnation de cette figure instable qui nous avait terrifié dans Split. Naviguant entre l’enfant zozoteur, Patricia la vielle femme anglaise ou bien entendu la monstrueuse «Bête», notre acteur américain signe ce rôle avec un véritable talent. En tête du box-office en France comme aux États-Unis, Glass a su séduire son public et a généré une recette de 75 million de dollars depuis sa sortie.

Sur nos grand écrans, vous pourrez vous délecter d’un thriller fantastique réussi qui retourne les codes et qui traite avec précision la notion de manipulation psychologique. M.Night Shaymalan signe alors l’une des fins des plus surprenantes de sa carrière dans laquelle chaque protagoniste déploie ses forces et ses ruses.

Edith Granon

La rédaction

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