ITW Le Bask

Rencontre avec Le Bask, reporter d’images devenu dj et organisateur de référence dans la culture underground mais également un homme avec la tête sur les épaules et une curiosité évidente pour le monde qui l’entoure.

 le vrai bask

Quand et comment as-tu découvert ce milieu ?

J’ai découvert le hardcore au milieu des années 90, j’ai d’ailleurs découvert la musique, avec des compilations comme Thunderdome, en elle-même avant de découvrir le mouvement des free party. A l’époque, cette culture n’était pas aussi développée que maintenant et on avait pas tous les moyens d’accès à la musique qu’il peut y avoir maintenant donc on se prêtait des K7 avec des potes et c’est l’un d’eux qui m’a fait découvrir ce son. Ce n’était pas du tout le genre de choses que j’écoutais d’habitude puisque mes parents m’ont bercé dans la culture des années 70 avec des groupes comme The Doors ou Richie Havens par exemple. J’ai directement adoré, j’ai été vraiment mordu par cette musique puis par les free et les festivals, j’adore le côté anticonformiste de ce mouvement, pour moi ça a vraiment été la découverte d’un espace de liberté formidable.

Quels sont justement les premiers artistes qui t’ont influencé au niveau du hardcore ? 

Il y a tous ces artistes comme Neophyte, Paul Elstak, Lenny Dee… qui ont été la base de cette découverte. Puis j’ai vraiment été influencé par des artistes comme Manu Le Malin notamment avec ses mixs dans Biomechanik et Dr Macabre.
Ce que j’ai aimé à travers cette musique, c’est le côté noir et vindicatif.

Quelle distinction majeure tu ferais entre les free et les festivals, par rapport à l’ambiance par exemple ?

L’ambiance n’est pas forcément différente mais la free représente selon moi un plus grand espace de liberté mais ça a sa contrepartie puisqu’il faut être plus autonome.


Hardchoristes et Shepper Armada sont les morceaux qui t’ont fait connaitre au plus grand nombre, selon toi quelles sont les raisons de ce succès ? 

Je pense qu’il y a deux éléments principaux qui font que ça a plu : d’abord parce que les objets que j’ai remixé parlent à de nombreuses personnes (la chanson Vois sur ton chemin tirée du film Les Choristes et des bribes de dialogue du film 300).  Ensuite parce que les gens ont compris, je pense, le message de ces chansons à savoir pour Hardchoristes la destruction de la jeunesse. C’est pour cela que le morceau est d’abord très doux puis se durcit au fur et à mesure, et pour Shepper Armada une métaphore du combat entre les raveurs et les autorités.

Quel est le morceau que tu as préféré composer, ou jouer ? 

C’est difficile de choisir mais je dirais “Le Malin” que j’ai commencé à jouer en live dans les années 2000. C’est très lent et noir, ça parle de mort, de religion, il y a des voix bizarres dans ce morceau et j’aime travailler ces ambiances.

Pourquoi c’est le hardcore que tu as choisis ? 

Le hardcore c’est une musique qui ne triche pas. Les gens ne mentent pas quand ils écoutent du hardcore, je dis ça dans le sens où tu ne te retrouve pas à écouter du hardcore où à rester sur un floor hardcore par hasard contrairement à d’autres musiques. C’est une musique qui prend les gens qui l’aiment au ventre.

Je pense aussi que c’est un état d’esprit, un mode vie.

Tu as d’abord été à l’organisation d’événements ou à la création de morceaux ?

A la création de morceaux, dès que j’ai découvert la musique électronique, j’ai acheté du matériel pour créer mes propres morceaux. Mes premiers joujoux ont été une Korg Electribe et une Roland MC303.

Quel a été ton premier label ? 

Mon premier label est celui que l’on a créé avec les membres de mon collectif PSKT, on a commencé par faire des mix K7 puis des vinyles.

Quel a été ton live préféré en tant que dj ?

Oula, c’est dur de choisir. Je me régale à chaque live. Mais je dois dire que les gros festivals ont quelques choses de fort. On se rend compte de l’ampleur du mouvement et de cette musique.

Quel est ton rapport avec ton public, on te reconnait dans la rue ou tu rencontres le public en festival ? 

Parfois on me reconnait dans la rue mais ça reste occasionnel. J’essaie d’être proche du public, je vais tout le temps voir les gens en soirée, je réponds à leurs questions si ils en ont, je prends des photos avec eux s’ils le demandent. Je pense que c’est très important d’écouter et de faire ça pour les gens. On leur doit tout. Sans eux nous ne sommes rien.

Certaines personnes que j’ai rencontré dans le public sont devenus des potes avec qui je garde contact et que je vois en soirée et en dehors.

Qu’est ce qui te plait dans l’organisation d’événements ?

J’aime savoir que l’on créé un évènement qui va rassembler et fédérer les gens, qu’on va leur faire plaisir. J’aime l’adrénaline de la préparation. Ce qui me plait également c’est de diffuser la musique autrement que sur scène. Le but est le même au final, faire danser sur de la techno avec un grand “T”

A l’organisation de quels événements es-tu actuellement ? 

Je suis co-fondateur du festival Insane et par conséquent responsable du Pandemic Stage (la scène hardcore). C’est un projet qui est né avec 2 autres structures : Pléiade Production et World Trance.
La deuxième édition de l’Insane se tiendra au Parc des Expositions d’Avignon le 09 avril 2016. Cette année, il y aura 5 scènes dont 2 en extérieur.
Je travaille également avec un autre artiste (Floxytek) sur le lancement de nouvelles soirées qui s’appellent “Propulse” notamment dans le Nord de la France à Rouen, Cherbourg etc, il y aura à chaque fois une ou deux scène hardtek et hardcore avec des têtes d’affiche comme Guigoo, Darktek, Dr Peacock ou Section Grabuge.

Je suis aussi en train de préparer un événement avec Angerfist qui se tiendra à la Villa Rouge à Montpellier le 5 février prochain.

Et enfin, je travaille sur la première édition française des soirées « Frenchcore S’il Vous Plaît ». Ce sera le 13 Mai 2016 à Montpellier (La Villa Rouge).

Justement, tu étais à l’organisation du Chronicle festival cet été qui prévoyait d’être très lourd également mais qui a malheureusement été annulé. Quelles sont les personnes qui décident qu’un festival se fera ou non et quels sont leurs arguments ? 

Ce qui s’est passé c’est que le Chronicle devait se tenir sur le même site que le World Trance Open Air Festival qui a été annulé lui aussi et on nous a demandé de partir dans la foulée. La mairie avait utilisé l’argument suivant “Cet évènement est de nature à occasionner des troubles à l’ordre public”

Qu’est-ce que tu penses de cet argument ?

Je préfère ne rien dire à ce sujet.

Merci beaucoup, pour finir est-ce que tu pourrais me dire quelques festivals à ne pas manquer selon toi prochainement ?

L’Insane festival II bien sûr, le 9 Avril 2016 au parc des expositions d’Avignon.
Le Hellfest en juin également, mais aussi le Festival Visa pour l’Image à Perpignan, un festival de photojournalisme qui se déroule fin aout, début septembre.

Marie Pradayrol

La rédaction

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