La french culture tech, ou le sempiternel combat de David contre Goliath

Radio Campus Avignon a pu participer à la conférence de presse donnée mercredi dernier sur le programme French Culture Tech, programme dont la réussite scellerait, selon l’opinion de nombreux intervenants, le destin de notre chère université.

       D’abord, la french tech, qu’est-ce que c’est? Un projet, lancé par Fleur Pellerin l’année dernière à la même date, visant à développer de nouvelles entreprises dans le domaine du digital en France. Vaste mission. Les acteurs de ce projet mettent en œuvre de nombreux moyens pour parvenir à leurs fins: Meeting, salons, conférences, festivals, le logo rouge de la French Tech devient un incontournable! Plus prosaïquement, la French Tech organise des rassemblements de fonds destinés aux start-ups les plus prometteuses, et enfin, fait nous concernant plus particulièrement, propose un label Métropole French Tech.

        Pourquoi se focaliser sur ce label? Et bien de grandes figures avignonnaises ont pour objectif son obtention, puisqu’il est censé garantir aux villes françaises élues une visibilité et une crédibilité internationale. Malheureusement, la reconnaissance n’étant pas monnayable, aucun fond n’est  accordé «Métropoles French Tech». Mais pour reprendre les mots de Pierre-Roger Gontard, le label n’est qu’un premier pas, poussant les investisseurs à  venir injecter de l’argent dans la machine.

        La machine, c’est une petite technopole en construction, au projet innovant et ambitieux de lier culture et numérique. C’est d’une part l’université, qui mettrait à disposition le site Pasteur pour en faire une pépinière d’entreprise. La fac proposerait également de nouvelles formations aux étudiants, de nouveaux programmes de recherche, grâce aux outils de la SFR Agorantic et aux moyens de la Fondation. Ce sont des grandes entreprises, comme Orange, la Poste, ou encore la RATP, qui par pur altruisme, participent à l’émulation collective. Ce sont également des entrepreneurs audacieux, d’Avignon et des alentours, dont la présence manquait malheureusement à la conférence de presse, décidés à obtenir une partie de l’enveloppe de deux cents millions d’euros que la French Tech destine aux start-ups. Enfin vient Pascal Keiser et son associé, dont la lourde charge est de coordonner tout ce beau monde.

        Voilà, le tableau est dressé. Arrivent les questions naturelles: Comment Avignon pourrait obtenir le ruban, le titre honorifique qu’on loue avec tant de conviction? Si Paris, Marseille ou Lyon décide de s’y mettre, quelle place resterait-il pour la cité des Papes? Pascal Keiser explique que la plus faible importance de notre ville est un avantage, il voit la position d’Avignon comme celle d’un challenger, prêt à surprendre et dépasser les plus grands!

        Cependant, sans vouloir porter atteinte à l’enthousiasme de Monsieur Keiser, des raisons plus concrètes peuvent nous pousser à croire en la «French Culture Tech». D’abord, la singularité de ce projet. En effet, le numérique au service de la culture, c’est novateur, et rare. Lyon se concentre plutôt sur les réseaux sociaux, Montpellier sur l’économie numérique, et il semble en être de même pour les autres villes. Ensuite, la pertinence du choix d’activité: Le festival d’Avignon est une véritable ruche bourdonnant d’activités, Avignon même possède un patrimoine inestimable, et la French Culture Tech permettrait d’utiliser toutes ces données. À Morières, on pense à Jocatop, et ses livres numériques qui permettent à la société d’afficher un énorme chiffre d’affaire. Enfin, l’implication des acteurs: la Faculté d’Avignon a mise en mouvement de nombreux organes dans la dynamique du projet, de grands groupes sont déterminés à le financer, et la région compte de nombreuses start-ups qui ne peuvent se développer de par le manque de financements.

        Si David ne semble plus si frêle devant son adversaire, le combat n’en demeure pas moins chargé d’enjeux. Devant la possibilité d’un échec, les réactions ont été diverses et passionnées. Ce qui ressort, c’est d’abord l’idée selon laquelle l’effervescence provoquée par le projet aura de toute façon créé un «écosystème numérique», qui pourrait favoriser le développement de certaines entreprises. Après, c’est la prise de position du président de l’université. Celui-ci voit, en un échec de la «French Culture Tech», un message explicite du gouvernement, signifiant par cet acte que les subventions ne seraient plus accordées au territoire avignonnais, territoire que la politique actuelle abandonnerait donc totalement. En d’autres termes, un affront direct, traduisant du virage qu’ont pris les dirigeants français, bien loin de la «Croissance» maintes et maintes fois évoquée par ces derniers.

La salle où s'est déroulée la conférence

De nombreuses personnalités étaient présentes

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