La Playlist commentée de Prisme

PRISME - Dealer de musique depuis 2010Parmi la masse de podcasts disponibles sur la toile, difficile de s’y retrouver ! Multiples sont les apprentis DJs qui, sans avoir pris le recul nécessaire, uploadent leurs mix incohérents et de mauvais goût sur les différentes plateformes à leur disposition. Néanmoins au milieu de cette faune indigeste, un duo attire l’attention: Prisme. Composé de deux amoureux de la musique électronique venus tout droit de Belgique, Prisme ravira tous les adeptes d’une musique électronique intelligente et mystérieuse. Cohérents et composés presque exclusivement de morceaux inédits et inconnus, ces podcasts sont de véritables invitations au voyage vers un monde musical composé de mélodies planantes et groovies. Rencontre avec ces deux DJs mais aussi producteurs de musique électronique.

Pink Floyd – Time: Le choix de Yves. Selon moi, Pink Floyd est un groupe mythique et pionnier de son époque, (le morceau date de 1973). Time est un morceau qui m’a toujours intrigué. Quelle introduction ! En concert ça devait être quelque chose …

Pink Floyd a été pour de nombreux djs/producteurs le groupe qui leur a permis de découvrir la musique électronique. Et vous comment avez-vous découvert cette musique si particulière ?

Nico : Je suis passé par les clichés les plus typiques… Des amis à moi mixaient régulièrement en After et m’ont un jour proposé de tester… Au début, j’ai commencé par du Hardstyle ! C’était le genre de musique que mes amis de l’époque mixaient. Ensuite, je me suis fait ma propre collection de petites perles (que je garde précieusement et que je rejoue encore) grâce à des sites de vente en ligne ou chez un disquaire Bruxellois (Doctor Vynil) que j’affectionne tout particulièrement.
 
Yves : Pour ma part, j’ai découvert la musique électronique en plusieurs étapes. Tout d’abord à la fin des années 80, débuts des années 90, avec les premiers titres new beat qui marchaient plutôt pas mal en Belgique. Ensuite via quelques K7 enregistrées dans différents clubs belges que mes amis plus âgés me rapportaient. Progressivement, j’ai commencé à sortir et les choses se sont très vite enchainées : achat de matériel, visite hebdomadaire chez les disquaires… Chaque semaine je découvrais un nouvel artiste qui me faisait découvrir un nouveau label où étaient signés d’autres artistes. De plus, quand tu es passionné comme je le suis, tu lis des magazines et des livres comme « Electrochoc » de Laurent Garnier ou « Global Techno ». Tu remontes dans le temps et tu découvres les origines, les producteurs qui ont lancé le mouvement électronique et pour finir tu tombes sur un reportage de Pink Floyd et tu te dis que c’était des précurseurs, il fallait oser à l’époque.
 
Sasha – Belfunk : Le choix de Yves. Fin 1999 début 2000 je ne sais plus très bien, sur une piste de danse j’entends cet ovni, ma vison de la musique électronique en fut totalement changée… Quelle ambiance toute en progression jusqu’au climax envoutant qui se fait languir jusqu’à nous achever !
 
Quels sont les artistes qui vous ont influencé et qui vous influencent encore ?
 
Nico : La chose particulière, et qui a son charme je trouve, c’est qu’il y a 10 ans d’écart entre nous. Au niveau des influences cela joue beaucoup car je n’ai pas connu la musique électronique des années 90, l’émergence de Détroit, le début d’Ibiza, etc. Nous venons d’univers totalement différents. Pour ma part, j’ai eu ma période hip-hop au sens large. Désormais, j’écoute encore beaucoup de pop-rock et je reste très attentif à cette scène ce qui influe beaucoup sur notre vision de la musique électronique.
 
Yves : Je dirais Sasha et John Digweed que j’ai très vite découvert et qui ont toujours une forte influence sur moi. Savoir traverser les différentes périodes et évolutions de la musique électronique tout en gardant cette fraicheur dans la production ou les dj sets c’est très fort. Dans ce registre, je pourrais citer aussi des artistes comme Carl Craig et Laurent Garnier. Plus récemment, je dirais que Gui Boratto, Patrice Baumel, Dixon ou encore Agoria.
 
Morgan King – I’m free : Le Choix de Yves. Un morceau de 1991 découvert sur le Northern Exposure de Sasha & John Digweed. J’ai du l’écouter une bonne centaine de fois. Le genre de morceau où tu fermes les yeux et tu te laisses emporter par l’atmosphère envoûtante.
 
Vous avez créé une série de podcast intitulé Balades Electroniques. Quel est le concept de ces podcasts et comment procédez-vous pour les enregistrer ?
 
Nico : La phase de conception des balades nous prend pas mal de temps… Le but est de faire des podcasts qui sortent de l’ordinaire. Pour cela nous passons pas mal de temps à sélectionner des morceaux que nous ne jouons pas forcément en club. Comme tu l’as dit en intro, la masse des podcasts sur Internet est impressionnante, c’est pour cela que notre préparation est importante. Chacun de notre coté, nous sélectionnons des tracks venant de diverses sources (blogs musicaux, sets, lives et tout particulièrement soundcloud, qui est une mine d’or !). Une fois par mois, nous mettons en commun les morceaux sélectionnés afin de créer une sélection cohérente. Nous enregistrons ensuite le tout, notre matériel étant composé d’une table de mixage Pioneer DJM-800, un control Traktor X1 et 2 bonnes vieilles MK2.
 
Yves : Je pense que Nico a tout dit ! Pour sortir un peu du lot il faut accorder une grande importance à la préparation du set et  à la recherche de morceaux. Je dois dire que Nico est un vrai fouineur, il a l’art de sortir des tracks venus de nul par. Pour suivre le rythme, je dois être des plus actif pour aussi lui sortir de belles perles !
 
Air – La Femme D’Argent: Le choix de Nicolas. J’ai toujours voulu jouer du piano comme eux. Cette vidéo commémore le 10ème anniversaire de leur album culte “Moon Safari”. J’adore leur manière d’utiliser les synthés. Leur collection est impressionnante !
 
Vous êtes aussi producteurs de musiques électroniques. Quels sont vos projets à venir concernant cette facette de votre projet commun ? 
 
Nico : A la base, le projet Prisme est destiné à la production et cela reste notre but principal. Les podcasts viennent en second lieu. Nous avions commencé par faire quelques concours de remix de morceaux que nous affectionnions particulièrement. Ensuite nous avons contacté certains artistes (Garciaphones, Tannhauser…) afin de remixer leur travail juste pour le fun… Le bonheur a été lorsque Raoul K a apprécié notre travail et a décidé de le sortir sur vinyl. Etant donné notre amour du vinyle, cela été une très grande joie pour nous.
 
Yves : Producteurs c’est la prochaine étape, pour le moment je nous vois plutôt comme remixeurs, nous avons besoin d’encore un peu de temps pour sortir des productions originales et d’un peu de bouteille car nous sommes toujours en phase de découverte des softwares et hardwares que nous utilisons. Mais pour des débuts c’est très encourageant ! A noter que le 15 février nous sortons un remix pour The Groundfloor sur le label Mescene de Van Hai et de David Durango (en écoute libre ici).
 
Matthew Jonson – Marionette (live edit) : Le choix de Nicolas.  Un classique de 2005, encore. Le genre de morceau répétitif à souhait qui te fait passer dans un monde parallèle par sa beauté et sa profondeur. Il y en a pas beaucoup des morceaux comme celui là…
 
Matthew Jonson est un spécialiste du live, pensez-vous un jour faire un live ensemble ? Cela vous intéresse t-il ?
 
Nico : Intéressant pour nous, oui, bien sur… Mais faut-il encore le rendre intéressant ! Je veux dire par là, qu’il n’y a plus beaucoup d’intérêt à faire un live 100% Ableton … Les live dignes de ce nom sont des lives comme ceux de Nicolas Jaar ou d’Apparat, qui incluent de vrais musiciens et qui retravaillent la plupart de leurs morceaux sur scène.
 
Yves : Pourquoi pas un jour, pour le moment on en est encore très loin, il y’a pas mal de chemin à parcourir avant ça.
 
Pantha du Prince – Saturn Strobbe: le choix de Nicolas. L’album “This Bliss” de Pantha du Prince sorti en 2007 est un modèle du genre. Le genre d’album qui progressivement vous porte en extase avec un son propre et frais. Une sacrée claque…
 
Qu’écoutez-vous en dehors de la musique électronique ?
 
Nico : Comme je le dis plus haut, j’écoute beaucoup de pop-rock, des artistes comme Soley, The Antlers ou Woodkid. J’écoute aussi quelques groupes belges comme Dan San, Intergalactic Lovers… Petit conseil, au niveau Pop-rock, les espagnols se défendent plutôt bien (rires).
 
Yves : De la musique électronique ! (rires) Plus sérieusement je n’ai pratiquement que ça chez moi. Heureusement j’ai pas mal de vieux vinyls de disco, de rock et de soul à la maison, ça fait toujours du bien de sortir un petit Pink Floyd ou un Michael Jackson. Nico est vachement plus éclectique à ce niveau là, il irait même voir un concert de Péruvien jouant de la flute de pan. (Rires)
 
Nico : Je leur proposerais même un remix ! (Rires)

Telepopmusik – Breathe : Le choix de Nicolas. Ce morceau de 2001 et en particulier son clip, m’a toujours fait vibré. Nous l’avons  découvert lors d’une de ces soirées passées à regarder  MTV et MCM à l’époque quand ces 2 chaines passaient encore de bons morceaux de temps en temps…

En France, la musique électronique underground est quelque peu marginalisée et souffre d’une exposition médiatique extrêmement faible. Comment est la scène électronique belge dont vous faite partie ?
 

Yves & Nico de Prisme

Yves : J’ai envie de dire pas mieux et ça ne va pas en s’améliorant, cette dernière année nous avons vu la disparition de 2 clubs aux programmations des plus excellentes (Le Silo et le Libertine/Supersport). L’exposition médiatique tourne très souvent autour de gros événements: I love Techno ou Tomorrow Land pour citer 2 exemples. A plus petite échelle tout en restant limité, le Fuse qui est un des clubs les plus connus d’Europe, s’en sort très bien. Il y a aussi les 10 days OFF de Gent à la programmation des plus raffinée ou encore le Décadence ou le Wood qui ne jouissent néanmoins pas de la même mise en avant. En même temps, il est nécessaire que certains clubs gardent un côté underground pour permettre à des artistes comme nous, anti radio/club Hits de s’exprimer afin de faire découvrir autre chose aux gens.
 
Nico : Je pense qu’il faudrait revenir à des soirées plus sauvages comme des raves ou des choses comme ça… On dit toujours que la musique est un cycle, n’est-ce pas ?
Paul Kalkbrenner – Dockyard: le choix de Yves.  2004, la grande époque de Paul Kalkbrenner avec son album Self. J’ai pas mal de temps hésité entre ce morceau et  “The Palisades”. Finalement mon choix s’est porté sur Dockyard. Il avait de l’inspiration quand même Paul, c’est beau et ça a retourné pas mal de monde lors de ses lives.
 
Avez-vous des futures dates ?
 
Yves : Le week end dernier nous avons joué au « Le Bal Des Songes ». Une soirée limitée à 200 personnes et qui est selon nous est le meilleur évènement organisé à Charleroi, notre ville d’origine. Il y a deux ans Petar Dundov y jouait et ce fut la folie. Cette année nous avons joué en warm up et le public a très bien réagit. Ce fut un régal. Sinon nous  espérons avoir l’occasion de faire un petit tour par la France afin de partager notre musique également…Avis au bookers.
 
Nico : Yves a tout dit, j’ajouterai simplement un grand merci d’avoir partagé un peu de temps avec nous. 

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