[l’actu vue par Nina] #5 1er tour des municipales – On n’a jamais autant parlé du Sud

 

Avignon reflet

 

Ce premier tour des municipales montre que le vote sanction existe bel et bien. En effet, dimanche dernier les français sont tous d’accord pour dire que le PS en prend pour son grade par le dépassement global de l’UMP de 10% (la droite a recueilli 46,54% des suffrages exprimés tandis que la gauche 37,74%) et prend une claque par la montée en puissance du FN, 4,65% à l’échelle nationale. Même à Paris, c’est Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP, arrive en tête, avec un point et demi d’avance, au premier tour. Mais pour Anne Hidalgo, rien est joué,  « tout reste à reconstruire » et appelle à la mobilisation avant le second tour.

 

Perpignan, Béziers, Avignon, Forbach et Hénin-Beaumont sont désormais des « villes surprises ». Là où on ne l’attendait pas,  le FN passe l’échauffement haut la main en réalisant deux énormes scores dans les villes du nord où le candidat est élu au premier tour. Steeve Briois, candidat FN, avec 50,26% des voies emporte la mairie d’Hénin-Beaumont et détrône le maire sortant. A Forbach, Florian Phillippot passe en tête avec 35,75% des suffrages. Une effrayante nouvelle pour ces deux villes qui deviennent les cobayes de ce parti et payent le prix d’une grande abstention qui avoisine les 30%.

 

En clair, ces deux villes ne sont pas de très grosses surprises, la moitié des journalistes avaient rappelé maintes et maintes fois, à travers divers sondages, que cela pourrait arriver. En revanche, le sud de la France eut la digne réaction de Charlie découvrant le ticket d’or, sauf que ce n’était pas le billet gagnant.

Avignon n’a jamais eu autant la côte. Cette ville culturelle que l’on ne cite pas énormément dans les médias nationaux en fait maintenant la une. Celle-ci que l’on pensait passer à gauche prend un virage extrême au lendemain de ces municipales. Et ce n’est pas de très bonne publicité.

 

La colère du peuple. On justifie ces résultats par l’inaction de l’Etat, l’inaction du président et de son gouvernement. A l’annonce de ceux-ci, les chamailleries se déclenchent sur tous les plateaux télévisés où la droite se félicite d’avoir eu raison et où la gauche accuse la droite de l’héritage laissé. Les radios s’enflamment et la presse prépare dés lors l’article du lundi matin. On avait attendu cela toute la semaine. Et quelle déception.

 

Déception, le mot est fort mais n’est pas mal employé. D’autres cas dans ces municipales doivent nous faire hurler. Exemples tout simple : réélection de Jean-François Copé à Meaux avec 64,30% des suffrages malgré toutes les affaires qui l’ont bafoué (Bygmalion notamment) et qui devrait le traîner en justice durant ces prochains mois. Dans la même catégorie, Patrick Balkany a lui aussi été réélu dans la ville de Levallois-Perret. Avec 51,56%, les affaires pour blanchiment de fraude fiscale et détournement de fonds publics passent complètement inaperçues. Enfin, Jean-Pierre Bechter arrive en tête, lui, avec juste une casserole d’achat de voix. L’enfumage, les casseroles, le beurre et la crémière, on comprend maintenant pourquoi la cuisine française est aussi réputée…

 

En bref, la gauche locale est à l’image de son gouvernement. Les enjeux locaux, comme se l’étaient fixés les français, n’ont pas existés lors de ce premier tour.  Jean-Claude Gaudin le prouve en arrivant en tête à Marseille avec 38% des voix, le FN juste derrière, part pour un 4ème mandat malgré son âge très avancé (74 ans) et les nombreux déplacements de l’Elysée pour soutenir leur candidat. “Ce (dimanche) soir à Marseille, au-delà des apparences des chiffres, rien n’est joué, a déclaré Patrick Mennucci, le candidat PS. Le changement auquel aspirent les Marseillais ne peut pas passer par le FN, ni par l’immobilisme de la municipalité sortante.” (Source MetroNews http://www.metronews.fr/municipales-2014/resultats-1er-tour-des-municipales-a-marseille-jean-claude-gaudin-devance-largement-patrick-mennucci-ps-et-stephane-ravier-fn/mncw!3ntPf0OJKnNeM/).

 

 

Le taux d’abstention et le choix extrême des votants démontrent un fort désir de punition, et peut aller encore plus loin si le chef de l’Etat reste inactif. Car malgré les protestations de Marine Le Pen, le vote FN reste une preuve de mécontentement et aujourd’hui il est grand. Alors, à moins que cela ne soit déjà trop tard, un nombre d’efforts incommensurables restent à faire. 

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