Le CDC à l’italienne

          Un danseur italien était en résidence au CDC (Centre du Développement Chorégraphique) d’Avignon du 5 au 12 décembre pour préparer sa nouvelle pièce qui s’appellera « Von », pour les Hivernales en février 2017. Ce danseur chorégraphe contemporain, c’est Daniele Albanese et RCA a pu le rencontrer.

             « Von » ça veut dire « de » en allemand, c’est une particule qui représente la noblesse et pour lui au niveau de sa danse et de la sonorité du mot, ça ferait un bon titre. Daniele a présenté la deuxième partie de sa création. Il a choisi de travailler sur la limite qui existe entre le clair et l’obscure, la réalité visible, lisible et le mystère. Cela a produit une chorégraphie très intrigante, parfois même dérangeante. Ce qui est frappant, c’est la tension de son corps, l’intentionnalité qu’il met dans ses mouvements parfois très mécaniques mais avec une grande fluidité.

             Il a insisté sur le fait que son travail vise à créer du lien, à connecter le corps, la lumière et la musique. Ici, on a pu voir un vrai jeu de lumière. Il y avait uniquement un spot de lumière blanche, plus ou moins large, au dessus de lui. Dans la deuxième partie de sa chorégraphie, le diamètre du spot était resserré juste sur lui et éclairait seulement le haut de sa tête, ses épaules et, avec ses mouvements, d’autres parties de son corps. Il n’hésite pas non plus à aveugler le spectateur au sens propre ! C’est-à-dire, qu’à la fin, des résistances lumineuses sont braquées sur le public à pleine puissance.

             Le corps et la lumière ne sont pas les seules composantes de son style. En effet, la musique est perturbante car on dirait un enchaînement de sons et de bruits. Elle a été créée par deux compositeurs de musique électronique au style très similaire. Son travail avec ces deux musiciens se fait dans une totale complémentarité, ils sont très connectés. Daniele commence la plupart du temps par créer sa danse sans musique. Lorsque les musiciens la lui livrent, sans qu’il n’ait rien imposé, il va nourrir sa danse de cette dernière. Pour lui, la musique a plusieurs niveaux et il veut en exploiter les passages. 

            Personnellement, ce que j’ai beaucoup aimé, en plus de sa gestuelle et de son choix de musique dérangeante, c’est son regard. Il n’avait jamais le regard dans le vide, il était toujours posé quelque part et ça m’a donné l’impression qu’il était dans un monde que nous ne pouvions pas voir. Pour faire une critique de son travail, ce serait le manque d’originalité. En danse contemporaine, le but est de renouveler en permanence les dynamiques, les gestuelles, les intentions, faire une coupure avec le style de danse précédent et là c’est ce côté original, révolutionnaire qu’il manque un peu. Ce n’est pas un artiste qui renouvèle la danse mais ça n’enlève rien à la qualité de son travail.

 

Laurine Sauvage

La rédaction

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