Les Rencontres Court, c’est court ! – Cinambule

Le 17 novembre 2019, Radio Campus Avignon s’est rendue à la 26ème édition du Festival “Les Rencontres Court c’est Court !”. Le festival de courts-métrages s’est déroulé du mercredi 13 au dimanche 17 novembre à Cabrière d’Avignon.

À l’origine : un association de cinéma itinérant

L’association Cinambule créée en 1984 est à l’origine de ce festival. Localisée dans le village de Cabrière d’Avignon, elle défend l’accès à la culture pour tous et particulièrement le format du court-métrage. Leur manifestation autour de la culture prend la forme d’un cinéma rural itinérant. Depuis 2004, chaque été, des projections sont organisées sous le nom de “Cinévillage” dans les communes éloignées des équipements culturels. En plus de cette diffusion, l’association propose dans les villages des ateliers créatifs autour du cinéma.
De plus, l’association se donne pour mission de sensibiliser toute l’année les personnes scolarisées à l’éducation par l’image.

© Lucie Castino

Les rencontres Court c’est Court !

Depuis novembre 1993, Les rencontres Court c’est Court ! s’étalent sur 5 jours et proposent une centaine de courts-métrages catégorisés par thème. Cette programmation est faîte par des professionnel.les du cinéma. À chaque fin de séance, un retour sur les courts-métrages choisis est prévu entre le programmateur/la programmatrice et les spectateurs sous forme de débat. Il est souvent question de s’exprimer sur la pertinence des choix selon le thème.

La programmation est internationale, cependant la sélection nommée “ça court ici” met en avant les productions cinématographiques de la région.
On retrouve divers formats au sein d’une même programmation : animation, documentaire, expérimentation… Néanmoins certaines séances sont plus spécifiques à certains d’entre eux; “Courts en docs” propose une sélection de documentaires.

Le Portugal à l’honneur du festival

Chaque année un pays est invité. Il fait l’objet d’une sélection de courts-métrages. Cette année, il s’agissait du Portugal. Nous avons pu assister au panorama de courts-métrages “Portugal 2 Viver Juntos ?” Une sélection de 6 courts-métrages mêlant le réel et la fiction. La tonalité de la séance était assez sombre avec une touche de mélancolie. La succession des courts-métrages s’est terminée sur “Doura Faina Fluvial”. Il s’agit d’un documentaire portugais d’une vingtaine de minutes, sorti en 1931 par Manoel de Oliveira. Le rythme du film nous présente la ville de Porto, et particulièrement les activités portuaires des quais de Douro.

Train fantôme et cinéma

La seconde séquence que nous avons visionnée se nomme “Voyage en train fantôme”. Il s’agit d’une sélection du réalisateur Lorenzo Recio. Le train, les fantômes et les silhouettes sont des thèmes récurrents depuis la création du cinéma. On peut par exemple penser au train filmé par les Frères Lumières en gare de la Ciotat, ou bien à la fantasmagorie de Roberston, système qui consiste à projeter sur un écran de toile, des tableaux ou des gravures peints, qui a fait son apparition au 18ème siècle.
Pendant la séance, le public ne s’est pas retenu d’exprimer son désagrément face aux courts-métrages d’expérimentation, notamment devant “Outer Space” de Peter Tcherkassy, sorti en 1999. Ce court-métrage Autrichien d’une dizaine de minutes travaille sur la matière au cinéma, fait apparaître des corps étrangers sur la pellicule et donne une impression de dysfonctionnement. C’est le court-métrage qui a suscité le plus de réaction du public lors du débat de fin de séance. Certains n’ont pas attendu la fin de la séance pour sortir de la salle.
Nous avons eu possibilité de visionner sur grand écran les premiers courts-métrages qui utilisent des techniques de trucage, comme “La Maison Hantée” de Segundo de Chomon par exemple, court-métrage sorti en 1906, dans lequel le réalisateur utilise la surimpression et le cache/contre-cache.

De manière générale, les genres de cette séance étaient assez hétérogènes en allant de l’animation à l’expérimental en passant par le clip musical.

Installation d’un Laboratoire d’expériences multiples

Un espace ludique et en accès libre était mis en place à proximité des salles de diffusion. Un lieu de créativité où les plus petits comme les plus grands avaient la possibilité de créer des séquences à l’aide de la cinémalette, comme par exemple animer un dessin à l’aide d’une table lumineuse ou d’un ordinateur. L’objectif de ces expériences était avant tout d’éveiller la curiosité, de partager son imagination et de s’exprimer à travers le cinéma.

© Lucie Castino

Des illuminations sur les façades de Cabrière d’Avignon

À la nuit tombée, l’artiste Nicolas Chevalier a accompagné le festival. Le village est transformé grâce à de grandioses illuminations projetées sur ses murs. Un travail de rue que l’artiste considère comme un “contact direct et gratuit avec le public”. Elles permettent de créer un lien entre le festival et la vie nocturne du village.

© Lucie Castino

Que l’on soit amateur de cinéma, professionnel ou simplement curieux, ce festival est à la fois un lieu de rencontres et de partage. Il permet de nous faire (re)découvrir des trésors du cinéma sur grand écran tout en gardant un sentiment de convivialité.

– Lucie C.

La rédaction

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