Les violences conjugales, parlons-en

Il y a toujours l’idée que les torts sont partagés et que la victime est toujours en partie coupable. Aujourd’hui le monde dit stop, et femmes et hommes souhaitent une justice plus morale envers les victimes. Dans ce climat de tension, RCA revient sur cette notion parfois trop floue afin d’y voir un peu plus clair…

Précisions sur l’article : Ici, nous parlerons des cas des femmes, car la majorité des victimes de violences conjugales sont féminines. En effet, sur 149 victimes recensées en 2018, 121 étaient des femmes (soit 81,2%) et 28 étaient des hommes (soit 18,8%). Nous n’excluons pas cette demande de justice pour les hommes, mais nous allons ici nous pencher sur le cas majeur.

Source : pixabay.com, image libre de droits

Qu’appelle-t-on “violence conjugale” ?

D’après l’association Elle’s IMAGINE’nt, spécialisée dans la lutte contre les violences conjugales à l’égard des femmes: 

“La violence conjugale est un processus au cours duquel un partenaire utilise la force ou la contrainte pour perpétuer et/ou promouvoir des relations hiérarchisées et de domination. Ces comportements agressifs et violents ont lieu dans le cadre d’une relation de couple (entre deux époux, conjoints ou ex-partenaires) et sont destructeurs quels qu’en soient leur forme et leur mode.

Il s’agit de toutes les formes de violences, utilisées par un partenaire ou ex-partenaire à l’encontre de sa femme, dans un but de destruction et de contrôle permanent : violences verbales, psychologiques, économiques, physiques, sexuelles.”

Les violences conjugales, une histoire de cycles

S’il est facile de se dire qu’il suffit de partir lorsque nous sommes battus par notre partenaire, il est moins facile d’appliquer ça en pratique. Les violences conjugales ne sont pas des éléments ponctuels mais tout un système mis en place par l’agresseur, et répété en boucle. 

Pour commencer, il y a ce qu’on appelle “la montée en tension”. Cette partie est la phase où le conflit commence, avec un motif particulier reproché à la victime. Ensuite vient la phase de violences, où la victime subit les chocs, qu’ils soient physiques ou non (voir les différents types de violences dans la définition ci-dessus), et où le traumatisme, la peur et la remise en question s’installent dans la tête de la victime. Par la suite, la troisième étape est celle de la justification. L’agresseur va se dédouaner de ses actes, de sa responsabilité, en justifiant ses violences. “C’est à cause de l’alcool”, “c’est parce que tu refuses de te mettre à ma place”, “c’est pas que tu ne comprends pas”, “c’est parce que tu me rends triste”… toutes les excuses sont bonnes pour faire culpabiliser la victime et lui faire penser qu’elle est la seule raison de cet acte, qu’elle l’a mérité, et que c’est de sa faute. Le sentiment de peur installé, la dernière partie du cycle est enclenchée: celle de “la Lune de miel”. Cette phase mélange excuses, cadeaux et promesses pour redonner ainsi espoir à la victime que cette agression n’en était pas une, et que cela ne se reproduira plus.

Le soucis est que ce cycle est infini, recommençant en boucle dans le même ordre, ancrant petit à petit dans la tête de la victime que c’est elle qui a un souci et qu’elle doit se poser des questions sur tous ses faits et gestes.

La stratégie de l’agresseur

A côté de ce cycle interminable, l’agresseur se crée une couverture afin de ne pas avoir des ennuis avec la justice. Les proches de la victime étant les personnes les plus susceptibles de se rendre rapidement compte du problème, l’agresseur va chercher à isoler celle-ci de son entourage. Parents, famille, amis… son but est de réduire les connaissances de sa victime à zéro, l’obligeant ainsi à se tourner uniquement vers lui, agresseur, qu’elle verra comme unique personne sur qui compter. Une fois cet enfermement psychologique réussi, la victime n’a plus de recul sur sa propre situation.

En plus de ça, la victime va être dévalorisée par son “partenaire de vie”. Jugement, réflexions péjoratives, accusations, menaces d’abandon… Voilà les techniques qui verrouillent le secret de cette violence et enferme la cible dans une spirale dont elle ne peut sortir.

Comment reconnaître un agresseur ?

La réponse est simple: il n’y a aucun facteur extérieur qui peut nous permettre de reconnaître un homme violent. En dehors du cadre du couple, celui-ci sait rester gentil, courtois et “franc”, gardant son image sociale intacte. Même votre ami le plus sympathique ou votre voisin le plus altruiste pourraient être un de ces hommes qui battent leur femme.

Les violences conjugales en chiffres

– En moyenne 219 000 femmes de 18 à 75 ans ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur partenaire ou ex-partenaire entre 2012 et 2018.

– En 2017, 130 femmes ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire, ainsi que 21 hommes.

Source: https://stop-violences-femmes.gouv.fr/ 

3919, numéro national d’écoute, 7/7j

 

Faire appel à des associations, à la presse ou faire appel à la justice

Peut-on faire appel à des associations dans ces cas-là ? Qui peut concrètement nous aider ? Quelles sont les idées reçues et fausses quant à l’aide que peut nous apporter la justice ? Qu’en est-il de la médiatisation des violences conjugales ? Peut-on dire que la presse prend cela au sérieux ?

Nous en avons parlé lors d’une conférence-débat le mardi 12 novembre, avec des invités concernés par ces questions. Avocat au bureau, journaliste et représentants d’associations diverses, nous vous proposons d’écouter les explications, conseils et engagements de ces personnes dans le podcast rediffusion du débat !

Lien: https://www.mixcloud.com/radiocampusavignon/conf%C3%A9rence-d%C3%A9bat-sur-les-violences-conjugales-organis%C3%A9e-par-lactudiant-121119-rca/ 

 

– Mathilde L.

La rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.