L’université d’Avignon, acteur stratège de l’échiquier territorial.

 

«Bruit de Campus»

Etats-généraux de la région PACA 2014

Animation du débat par :

Alexandre Delorme – Président de Média’sos

Carole Destribats – Présidente de Muséocom (association Master PCP)

Allan Rochette – Vice-président étudiant

Olivier Huet – Président Inter’Asso

Philippe Aubert – Vice-président section Recherche

Olivier Ruault – Directeur de la Fondation, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse

Laurence Abel-Rodet – Adjointe au Maire Déléguée à la Jeunesse, à l’École et à l’Université

Olivier Gros – Conseiller municipal Délégué aux pépinières d’entreprises et espaces de co-working

Aliocha Iordanoff – Gérant de l’agence de Webmarketing Semaweb      

Ludovic Bernard – Directeur de l’SCUIO-IP

 

Le silence se fait dans la salle 0W35 de l’université d’Avignon, la réunion débute. Les deux promotions de masters culturels font face aux hauts représentants, imposants de prestance et de pédanterie manifeste, du VBUC – Very Big Universities Center -. Affublant l’université d’Avignon d’être «Surement trop petite pour réussir», ils ignorent les paroles d’un Woody bien avisé, d’un Zuckerberg bien informé. Campés sur leur position ils concluent avec arrogance sur une question qui pour eux à sa réponse toute trouvée :

 

En quoi l’université d’Avignon, forte de ses 7001 étudiants serait-elle un atout pour le tissu local qu’il soit économique ou social?

 Les Masters Publics de la communication face aux représentants du monde universitaire, entrepreneuriale et de collectivités.

 Quoi de mieux pour commencer un débat autour de la jeunesse et de sa place dans la région que d’utiliser l’efficacité d’un spot vidéo humoristique cinglant de sous-entendus et légitime de sens (Campagne «Choisir l’université d’Avignon» http://www.choisiravignon.fr). Car si professionnels et acteurs de collectivités, responsables universitaires et étudiants sont réunis en ce 24 octobre 2014 pour cette fabrique «Bruit de Campus», c’est pour aborder des problématiques liées à l’université :

 En quoi l’université, malgré sa taille réduite, peut-elle constituer un atout pour les entreprises, impacter le territoire par ses forces de proposition et d’action ?

 Cette édition des états-généraux de la région PACA organisée par la jeune agence Tube à idées et Muséocom tente ainsi d’éclaircir ce point.

 

1 – L’université et l’entreprise, deux co-workers de la dynamique territoriale.

 L’université d’Avignon mutualise depuis plusieurs années déjà les compétences de ses étudiants avec celles de l’entrepreneuriat. Menant d’étroites relations avec le tissu local et économique de la région, l’institution mène des actions et formalise des solutions afin d’aller dans ce sens. Voici l’étendue de ces solutions :

• Versement de la taxe d’apprentissage par les entreprises pour favoriser la qualité des formations.

• Le mécénat et la fondation universitaire permettent l’obtention de ressources utiles afin de pérenniser l’excellence et l’innovation des formations et projets universitaires.

• Les Contrat de recherches permettent à une entreprise partenaire de bénéficier d’aides et du réseau de l’université.

• Des projets d’actions collectives avec les partenaires, l’université et les étudiants.

• L’intervention directe des partenaires sur les différents sites de l’université d’Avignon au travers de forums, conférences, rencontres…

• Le SCUIO-IP favorisant l’orientation et l’insertion professionnelle. A tout nouvellement mis en place une UEO création d’entreprises.

• L’optimisation du processus d’accueil des stagiaires en entreprise et de leur suivi.

• Le contrat «Stage longue durée en PME afin de stimuler le développement des petites et moyennes entreprises régionales par l’innovation tout en facilitant l’insertion professionnelle des jeunes diplômés.

 

Le débat animé par des professionnels et responsables universitaires de différents horizons mettent fins aux préjugés et éventuels à priori des étudiants sur les relations entretenues entre université et entreprises.

 Malgré ces actions, il est une évidence flagrante : sur le marché de l’emploi l’université se heurte aux grandes écoles qui constituent un gage de sécurité et de résultats probants pour les structures d’accueil de stagiaires et futurs employeurs. Cultivant leurs réseaux d’anciens et jouissant du nom de leur école, ces étudiants d’HEC, du Celsa, de Sciences Po’ n’ont pas grandes difficultés à trouver un travail au sortir des études. Mais les tendances tendent à se bouleverser. L’université d’Avignon de par la qualité de l’insertion professionnelle de ses anciens, de par l’excellence de ses filières reconnues internationalement en Agro&sciences et Culture&Numérique, atteste des compétences de ses jolies têtes blondes.

 

«Le Master culture publics de la communication est le plus populaire de France et le plus côté en culture»

– Damien Malinas – Chargé de Mission Culture et vie de campus/communication de l’Université d’Avignon.

 

Ouverture d’esprit oblige, l’université d’Avignon a l’un des taux les plus élevés de France concernant l’accueil d’étudiants étrangers et fait la part belle à la diversité du profil de ses étudiants, quel que soit leur statut social ou leur provenance.

 La répartition des étudiants à l'université:

7354 étudiants, 50% de boursiers, 14% d’étudiants étrangers pour 32 associations étudiantes domiciliées.

 Favorisant le co-working avec des institutions et entreprises locales, attirant les professionnels dans ses enceintes et modifiant le territoire des possibles pour ses étudiants ; l’université bien que favorisant la mise en relation reste pour autant université. En ce sens l’étudiant est acteur de son réseau et doit, par son investissement personnel et son engagement né de projets associatifs et travaux personnels, contribuer à construire une passerelle vers sa propre professionnalisation. Il est un fait pourtant : à l’heure d’aujourd’hui le regard des PME et PMI sur l’université et la pertinence de ses profils n’a pas effectué sa véritable révolution. Les profils sortis de grandes écoles continuent d’être privilégiés, au grand dam d’étudiants à fort potentiels.

 

 2 – L’impact de l’engagement étudiant sur le territoire local.

 Outre l’évident rayonnement que peuvent avoir toutes les associations  sur la vie universitaire, certaines d’entres elles sont amenées à avoir ponctuellement un véritable impact social et économique sur la vie locale. C’est le cas des Triplettes de Quartiers, une association qui a pour fer de lance l’accès de la population des quartiers avignonais à des évènements culturels et artistiques.

 

«Le tissu associatif est actif.»

Constance Pereira – Etudiante

 

Davantage ancré dans le monde professionnel, les jeunes agences associatives Tubes à idées et Muséocom constituent des tremplins professionnels. Mutualisant les compétences de ses étudiants en masters à dominante culturelle, elle sert les besoins d’entreprises et institutions locales en apportant des solutions objectives. Ainsi, le Tube à idées est un jeune laboratoire apportant conseils et expertise aux entreprises. Elle a notamment œuvré lors des Rencontres Cinématographiques du Sud et des TransMusicales 2013 en faisant preuve d’inventivité et offrant de nouvelles perspectives à ces structures.

 Muséocom, est quant à elle une jeune agence valorisant les structures en les aidant dans leurs lacunes. Débutant par une évaluation de ces établissements culturels, elle peut être amenée à mettre en œuvre un champ d’action diversifié allant de la médiation culturelle à la scénographie en passant par une communication par l’image (Les Hivernales, Saint-Michel de Mourcairol,…).

Carole Destribats – Présidente de Muséocom (association Master PCP)

L’année 2014 a permis à Muséocom une évaluation pour un musée à Clermont Ferrand Tumulte Gaulois ou encore d’intervenir sur la médiation du Pont du Gard.

Autre manière de mutualiser les compétences étudiantes et savoir-faire industriels : les projets en communs à tous les niveaux d’études. C’est ainsi qu’en DUT Génie du Conditionnement et Emballage le concours Les étoiles de l’ondulé à destination des professionnels a permis aux étudiants de travailler autour d’un projet de design – 2010 -.

Le Laboratoire Green est un autre exemple de ce phénomène dont la spécialisation s’axe autour de l’éco-extraction et dont les recherches et brevets déposés sont exploités par de nombreux industriels.

Autre projet, autre formation : celui d’organiser un partenariat entre l’agence Semaweb et l’université pour couvrir la troisième édition du Salon du Numérique qui se déroulera le 18 mars 2014. Lors de cette journée, les compétences des étudiants de Licence 3 information-communication viendront servir la couverture de l’évènement sur les réseaux sociaux.

Le débat nous montre que ces associations engagées, ces deux jeunes agences ainsi que les projets mis en co-working avec le monde de entrepreneuriat constituent des actions concrètes made in student qui participent à la visibilité de l’université, à son rayonnement sur le territoire et au renforcement des partenariats socio-économiques. En outre, ces projets divers et variés responsabilisent l’université vis-à-vis de son territoire ainsi que les collectivités vis-à-vis des projets universitaires.

 

On peut alors légitimement se demander quelles sont les limites de ce territoire de conquête étudiante?

 

«Le territoire des étudiants c’est le monde»

– Damien malinas – Chargé de Mission Culture et vie de campus/communication de l’Université d’Avignon

 

3 – «Ne pas attendre l’avenir, le faire»

 Nombreux sont les avantages à développer une telle interaction entre université et entreprises. L’idée principale étant avant tout de tisser localement un environnement économique et social fort et compétitif sur le territoire national.

Quelques-unes des actions qui, allant dans ce sens, sont amenées à se réaliser :

• Le Patch Culture, outil vecteur et diffuseur de la culture auprès des étudiants (tout environnement social confondu), a une nouvelle fois pour objectif de dépasser le millier d’inscrits. Ses perspectives d’évolutions étant de créer à moyen terme des réductions auprès des restaurateurs et bars environnants.

• Développer un projet avec l’association AFEV et mettre en place une colocation solidaire sur Avignon.

• Développer et appuyer le projet Agoraé ou l’épicerie solidaire comme lieu de rencontres entre étudiants et population locale.

• Une remise en régie municipale des cantines. La participation des étudiants à ce projet est à l’heure actuelle étudiée.

 

4 – La fabrique «Bruit de campus»: Un bilan enrichissant mais mitigé sur son efficience.

 Il est 20H30 quand s’achève ce qui s’est avéré être une réunion riche d’enseignements sur les actions menées conjointement par l’université, les acteurs de la collectivité et du monde de l’entreprise.

Construire un avenir durable et solidaire entre l’université et le tissu local économique et social fut l’un des enjeux principaux de ce débat. Outre la course à la mutualisation des compétences et des savoir-faire, c’est une nécessité d’implication qui est demandée à tout cet écosystème : se projeter, rencontrer, partager, bouleverser les visions préexistantes pour être précurseur de nouvelles tendances.

C’est en effet par la force des liens sociaux-économiques que l’on pourra répondre de manière pérenne à la réussite des étudiants et de manière concrète à la question aujourd’hui en suspend : Comment pousser les étudiants au sortir de leurs études à rester sur le territoire Avignonnais

En écho à cette problématique, il a été souligné durant le débat la nécessité de pouvoir à l’avenir réunir non pas seulement des universitaires, professionnels et étudiants mais la somme de ces profils à ceux de jeunes travailleurs. La finalité étant d’optimiser cette mutualisation des compétences, ce réseau extra-universitaire et favoriser le partage d’expériences.

 

Des intervenants d’horizons différents - de gauche à droite - :

Alexandre Delorme – Président de Média’sos / Romain Borelli – Animateur Radio Campus / Olivier Ruault – Directeur de la Fondation, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse / Aliocha Iordanoff – Gérant de l’agence de Webmarketing Semaweb / Allan Rochette – Vice-président étudiant / Olivier Huet – Président Inter’Asso / Carole Destribats – Présidente de Muséocom (association Master PCP).

 Nous profitons du brouhaha et de l’agitation de cette fin de réunion pour interviewer et récupérer les impressions à chaud de M.Allan Rochette (Vice-président étudiant) et M.Cyrille Meniolle de Cizancourt (Etudiant en Master Communication). A découvrir…

 

Interview Allan Rochette by Victor Payan on Mixcloud

 

Interview Cyrille Meniolle by Victor Payan on Mixcloud

 

 

 Ces questions vous intéressent, vous interpellent?

Poursuivez cette réflexion en découvrant, le jeudi 6 novembre à 16H30 au campus Hannah Arendt de l’Université d’Avignon, le prochain débat portant sur la vie étudiante et l’implication citoyenne. Et n’oubliez pas une chose «Ce n’est pas la taille qui compte» mais bel et bien la force de l’engagement.

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