PASCAL MAURIN : « UN PLATEAU QUI A TENU TOUTES SES PROMESSES »

Pascal Maurin, programmateur et producteur du Kolorz festival, nous raconte son parcours et comment s’est passé le Kolorz Festival vu des coulisses. Il nous parle aussi du Résonance Festival, qui se tiendra du 23 au 26 juillet en Avignon.

Pascal Maurin, alias « Peck » tu es en quelque sorte un « homme de l’ombre », le public ne te connaît que très peu, pourrais-tu te présenter?

Je suis programmateur, et producteur de plusieurs festivals de musique dans le Sud-Est de la France entre Montpellier et Avignon, notamment le festival Live au pont, le Kolorz Festival, le festival Résonance à Avignon, les Electros d’Uzès, et le festival Tohu Bohu à Montpellier.

Tu fais rêver beaucoup de gens en disant cela, comment tu en es arrivé à produire des événements musicaux aussi importants ?

Avec le temps, ça fait une vingtaine d’années maintenant que je fais ça, j’ai d’abord commencé avec le festival Tohu Bohu à Montpellier il y a une quinzaine d’années, puis au fur et à mesure j’ai fais mon petit bonhomme de chemin jusqu’à arriver aujourd’hui à programmer puis produire des festivals, d’ailleurs je produis à 100% le Kolorz avec mon équipe.

Parlons maintenant du Kolorz en lui-même, on est samedi, comment ce sont passés les concerts live de jeudi et la soirée de vendredi ? Quel est ton ressenti en tant qu’organisateur ?

La première soirée était plutôt cool avec des concerts live qui étaient en prélude au Kolorz festival avec Deluxe, Chinese Man et Elisa Do Brasil, une bonne mise en jambes avant la soirée de vendredi qui était vraiment réussie. Alors évidemment on avait une programmation qui laissait présager une belle soirée avec Laurent Garnier, Maceo Plex, Recondite, Kolsh, Greg Delon donc un très gros plateau qui a tenu toutes ses promesses, et puis on avait une bonne production d’événement c’est-à-dire qu’en terme de qualité sonore, d’éclairage, la vidéo, le « mapping » sur le château. Tout cela a bien fonctionné puisque c’est vrai qu’on changeait de site, on passait de l’hôtel Dieu, monument patrimonial, au marché gare qui est un lieu un peu plus ingrat à la base donc c’était pas évident de trouver nos marques ici, c’est un site plus grand, un des objectifs était de rendre l’endroit un peu plus sympa et chaleureux. Je crois que ce pari est réussi. On a accueilli près de 4 500 personnes donc on est ravis à tous points de vue.

Comment vous avez fait pour convaincre tous ces artistes ?

On a joué d’un peu de chance je pense, ce week-end du Kolorz est aussi celui du Monegros en Espagne, et donc on profitait du fait que les artistes soient beaucoup à jouer le samedi au Monegros, pour les avoir le vendredi ici à Carpentras. Vu que les deux événements étaient proches géographiquement, les agents considéraient que c’était un bon arrêt avant d’aller en Espagne. On avait beaucoup d’artistes qui devaient jouer le lendemain en Espagne sauf que le festival a été annulé pour diverses raisons. Du coup on a bénéficié de cela.

Je pense aussi que le festival a acquis une certaine notoriété, on est déjà bien identifiés par les agents en Europe et dans le monde, ils n’hésitent plus à nous vendre leurs artistes.

On avait un plateau assez incroyable hier et j’en suis encore étonné en partie.

On a eu aussi une agréable surprise avec ce Back to Back de Laurent Garnier et Maceo Plex la dernière demi-heure, vraiment une surprise ?

Oui vraiment, ça s’est fait au moment où Maceo Plex a vu Laurent Garnier sur scène. Ils ont discuté un peu, le régisseur est venu me voir en demandant si ça posait problème qu’ils finissent ensemble, évidemment que non ! Alors chacun a réduit son set de 15 minutes pour pouvoir garder la dernière demi-heure et jouer à deux, ce qu’ils faisaient pour la première fois. C’est génial pour nous organisateurs parce que c’est une vraie exclusivité pour le coup.

« On a la capacité de programmer à peu près n’importe qui »

Est-ce que vous êtes dejà en préparation pour l’édition 2016 du festival ?

Oui on est en train de se demander si on garde ce site du marché-gare ou si on devrait voir avec la ville si on peut travailler sur un autre endroit. En tout cas vu le succès de cette année, on sait d’ores et déjà qu’il y aura une édition 2016 du Kolorz Festival, et on reste à Carpentras.

Une petite idée de la programmation ?

C’est encore un peu tôt, comme ce ne sont que des idées, ce serait un peu trop présomptueux d’en parler.

Tu rêverais d’avoir qui au Kolorz Festival ? Parce qu’avec la programmation de cette année, peu importe l’artiste, ce n’est plus utopique…

On a dejà ramené des artistes très importants comme Paul Kalkbrenner, Rone, Nina Kraviz, A-Track, Birdy Nam Nam, Kavinsky et même les Bloody Betroots, donc je sais pas vraiment qui ramener, mais peut-être que si on pouvait aller sur un créneau un peu plus pop et hip-hop sur une des deux soirées ça pourrait être cool parce que ça nous laisserais des perspectives en terme de programmation. En terme de Dj, plus personne ne nous fait « rêver » finalement, je pense qu’on a la capacité de programmer à peu près n’importe qui.

J’aimerais parler de l’édition d’hiver du Kolorz Festival qui aura lieu en février à l’espace Auzon, toujours à Carpentras, tu as un ou plusieurs artistes à nous dévoiler ?

La aussi c’est encore un peu tôt, je pense que l’on va, comme l’année dernière, essayer de garder l’idée de trancher vraiment les programmations, c’est-à-dire une soirée plus « grand public » le vendredi, et une autre un peu plus underground le samedi. En tout cas on essaiera de créer une réelle distinction entre les deux soirées.

Des nouveautés sur cette édition d’hiver par rapport à l’an dernier ?

On va essayer d’améliorer encore la scénographie. En terme de qualité sonore on a atteint un « must » et ça c’est très important pour nous parce qu’il y a encore beaucoup d’endroits où le son est de mauvaise qualité dans les festivals ou dans les concerts. Je pense au Weather Festival à Paris qui est un festival référence en terme de programmation et qui a souffert cette année de pas avoir une qualité de sonorisation au niveau de sa programmation. On est assez forts aussi sur la vidéo et la mise en lumière. Peut-être que c’est dans la scénographie et dans l’aménagement de la salle qu’on peut encore trouver des astuces pour rendre le festival encore plus sexy.

Maintenant j’aimerais que tu nous en dise plus à propos du festival Résonance qui se tiendra du 23 au 26 juillet en Avignon, que tu programmes, et que tu produis.

Oui je le produis avec Gyl Gutierrez et Julien Pauletto qui sont mes deux complices.

C’est un festival qui existe depuis 2009 et qui a un profil complètement différent du Kolorz, on a une petite jauge, des capacités moindres. L’idée de ce festival est de programmer des artistes essentiellement électroniques sur des sites patrimoniaux de la ville et donc d’attacher autant d’importance aux lieux, qu’à la programmation musicale. On travaille sur des lieux sublimes comme le musée Calvet, l’espace Jeanne-Laurent, le pont Saint-Bénézet.

On se donne donc rendez-vous au Résonance festival, est-ce que tu as un dernier mot pour nos auditeurs ?

Je les encourage à venir à Résonance puisque pour le coup on programme Carl Craig, un des précurseurs de la musique électronique, qui est un de mes producteurs favoris et un remixeur exceptionnel, puis je les encourage à venir toute l’après-midi du dimanche 26 au pont saint-Bénezet avec le duo d’artistes italiens Mind Against, qui sont aujourd’hui programmés sur tous les gros festivals et les soirées les plus intéressantes en Europe, en plus c’est gratuit, et ça risque d’être un très bon moment du festival.

Armand Morel

La rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *