Pourquoi faut-il suivre la phase finale de l’Europa League ?

L’Europa League est la “petite soeur” de la Ligue des Champions, compétition européenne la plus prestigieuse. Parfois peu considérée par certains fans de foot, certains observateurs et même certains entraîneurs, la C3 dispose pourtant, encore cette année d’arguments de taille en sa faveur. 

A l’aube des 16e de finale de la compétition qui débute ce soir, RCA vous propose de s’intéresser plus précisément aux forces en présence de cette édition 2020. Cette dernière se clôturera le 27 mai prochain avec une finale à Gdańsk, en Pologne. Le chemin avant d’y arriver est encore long. En effet la compétition paraît cette année extrêmement ouverte et indécise. 

 

Des clubs prestigieux

 

Tout d’abord, il est important de préciser que le vainqueur de l’Europa League obtient un ticket direct pour la fameuse Ligue des Champions la saison suivante, on ne peut donc qu’être motivé à l’idée d’aller au bout.. 

Ensuite, parmi les prétendants à la victoire finale on trouve des grandes écuries européennes, à commencer par Manchester United. Vainqueur de l’édition 2017 sous les ordres de José Mourinho, les Red Devils ont à coeur de réitérer cette performance. Avec l’étiquette de récent vainqueur, d’un club qui a remporté la Ligue des Champions à trois reprises ainsi que celle de l’équipe qui a sortie le Paris Saint-Germain l’an dernier en 1/8e de finale de cette même compétition. On pourrait se dire que la formation du champion du monde Paul Pogba fait figure de grandissime favori, loin devant les autres. Cependant, la situation est bien plus complexe, en effet les joueurs de Solskjaer pointent au 7e rang du championnat anglais. Une qualification pour la prochaine édition de la “coupe aux grandes oreilles”, objectif affiché de l’institution semble compromise, notamment à cause d’une irrégularité criante. 

 

De plus, le tirage au sort a offert Bruges aux Anglais. Une formation dont il faudra se méfier. Les belges prônent un football offensif, agréable à regarder. C’est en partie grâce à cela qu’ils ont posé quelques problèmes à Paris et au Real Madrid en phase de poule de Ligue des Champions. L’actuel leader du championnat belge avec une avance confortable de onze points ne sera pas une formation à prendre à la légère. L’équipe risque de rendre la tâche particulièrement compliquée à Manchester United.

 

Source : https://sf.football.fr/wp-content/uploads/2019/09/pepe-aubameyang-lacazette1-e1576191910898-750×368.jpg

 

Ensuite, nous allons rester en Angleterre pour évoquer Arsenal. Finaliste de l’édition 2019 (défait par Chelsea 4-1), les Gunners vivent une saison mouvementée avec des résultats moribonds en Premier League qui ont conduit à l’éviction d’Unai Emery. Le coach espagnol été remplacé par l’ancien adjoint de Pep Guardiola à Manchester City, l’ex joueur d’Arsenal et du PSG notamment, Mikel Arteta, le 20 décembre dernier. Cependant, même s’il semble vouloir mettre en place quelque chose d’intéressant à travers de réels principes de jeu la mayonnaise ne prend pas. Malgré des prestations intéressantes en janvier comme sur la pelouse de Chelsea (2-2) et surtout la victoire aboutie obtenue face à Manchester United (2-0), les Londoniens peinent à se rapprocher des places européennes en championnat. Ils sont classés 10e, loin des exigences et des ambitions du champion d’Angleterre 2004.

 

Comme la saison dernière, l’Europa League peut raisonner comme une bouffée d’oxygène pour Arsenal avec un objectif clair : remporter le trophée. Ce qui sauverait leur saison.

Toutefois, les Anglais auront un obstacle de taille face à eux dès les 16e de finale, il s’agit de l’Olympiakos. On sait qu’il est toujours compliqué de se rendre en Grèce, au sein d’une atmosphère toujours bouillante. En effet, à domicile les Grecs ont tenu en échec Tottenham, finaliste de la dernière Ligue des champions sur le score de 2-2. La formation entraînée par Arteta pourra compter sur sa force offensive avec des joueurs de la qualité de Nicolas Pepe,  Lacazette et Aubameyang, trois anciens du championnat de France et tous ont marqué dimanche dernier en Premier League lors du large succès des Gunners face à Newcastle (4-0).

 

Source: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/17/Chelsea_won_UEFA_Europa_League_final_at_Olympic_Stadium_and_President_Ilham_Aliyev_watched_the_final_match_23.JPG

 

Comment ne pas évoquer l’Ajax Amsterdam, club phare des années 1970, vainqueur de la plus prestigieuses des compétitions européennes à quatre reprises et qui renaît de ses cendres depuis quelques saisons au niveau européen avec par exemple une finale de l’Europa League en 2017, perdue contre Manchester United. Sans oublier la saison dernière, les Hollandais ont emballé l’Europe entière pendant une phase de finale de Ligue des Champions mémorable. Le champion des Pays-Bas a notamment éliminé le club le plus titré en Europe, triple tenant du titre, le Real Madrid. Une campagne magnifique qui s’arrête cruellement en demi-finale contre les Spurs, au bout du temps additionnel mais aussi du pied de l’ancien Parisien Lucas Moura.

 

Suite à cela, l’Ajax n’a pu éviter le départ de certains de ses cadres dans les plus grands club européens comme De Jong au FC Barcelone ou encore De Ligt à la Juve. Les joueurs de ten Hag n’ont pas réussi à sortir des poules en Ligue des Champions dans un groupe relevé. Reversé en C3, ils ont la ferme intention de réaliser encore une fois un beau parcours et pourquoi pas cette fois-ci aller au bout. Le tirage au sort a offert aux amateurs de football une affiche très alléchante puisque les néerlandais vont faire face à Getafe. Le club de la banlieue de Madrid réalise une saison sensationnelle, toujours en lice en coupe d’Europe donc, mais aussi au rendez-vous en Liga. Surprenant troisième, Getafe est à la lutte pour une qualification en C1, ce qui serait historique. Entre le style si particulier et flamboyant de l’Ajax qui ne risque pas de déroger à ses principes de jeu et l’animation attrayante des Azulones, la confrontation sera très intéressante à suivre, elle vaudra assurément le détour.

 

On continue avec les noms ronflants qui trustent une victoire finale en Europa League cette saison avec l’Inter Milan. Encore un club qui a terminé troisième de son groupe en C1 au sein du groupe de la mort avec Dortmund et le Barça, se trouvant donc reversé en C3. 

Toutefois, l’Inter fait une saison de qualité, certes on ne retrouve pas l’équipe qui régnait sur l’Italie et l’Europe il y a désormais dix ans mais tout de même. Pour sa première saison au club, Antonio Conte permet au club d’être dans la course au titre en Serie A. Cependant, battu dans un choc de haut de tableau à Rome, face à la Lazio ce week-end (2-1), il paraît compliqué de voir les Milanais soulever le Scudetto en fin de saison. L’Europa League apparaît alors comme une compétition prenante pour les Nerazzurri. On peut dire que le tirage a été plutôt clément avec les Italiens qui ont hérité des Bulgares de Ludogorets. Les recrues du mercato d’hiver, Moses, Sanchez, Young et Eriksen sont venues étoffer un effectif déjà fort intéressant, il s’agit de joueurs d’expérience qui pourront être utiles au cours d’une campagne européenne longue et usante. On peut légitimement placer le club italien qui compte un duo d’attaque extrêmement efficace avec Lukaku et Martinez, parmi les favoris à la victoire finale.

 

Des outsiders à prendre au sérieux

 

A commencer par le FC Séville, club le plus titré dans cette compétition avec près de cinq victoires dont trois obtenues consécutivement entre 2014 et 2016 sous la houlette de Emery. Cela en fait d’office un candidat sérieux à la victoire finale. Solides durant la phase de poule, les Sévillans ont terminé premier du groupe A et partent favori face aux roumains de Cluj. Ces derniers ont montré de belles choses notamment lors des confrontations face à Rennes. Cependant avec le match retour en Espagne, on imagine mal les Andalous ne pas passer l’obstacle roumain. 

 

Place désormais à une rencontre très équilibrée entre deux équipes qui furent les surprises des deux dernières éditions en atteignant chacune les demi-finales de cette compétition, c’était en 2018 pour Salzbourg, éliminée par l’OM. De son côté, Francfort a vue les portes de la finale se fermer au terme d’une séance de tirs aux buts cruelle pour les Allemands, magique pour Chelsea, futur vainqueur du trophée. L’épopée européenne et la belle saison en Bundesliga ont fait que les joueurs de l’Eintracht étaient très sollicités lors du mercato d’été. Avec des pertes aussi importantes que celles de Rebic, Haller et l’inévitable Jovic, la formation d’Adi Hütter aura du mal à aller aussi loin que la saison dernière. Surtout qu’en face, les Autrichiens ont marqué la saison européenne en faisant éclore la pépite Halland, ce dernier parti à Dortmund cet hiver pour 30M d’euros. Le mercato fut terrible puisque le maître à jouer de Salzbourg Minamino a lui aussi quitté le club pour rejoindre Liverpool, champion d’Europe en titre et toujours invaincu en Premier League, rien que ça. La manière dont Salzbourg abordera cette double confrontation sans deux de ses atouts majeurs sera intéressante à suivre. 

 

Ensuite, il faudra faire surveiller de près une équipe en très grande forme. Il s’agit du club anglais à la forte résonance portugaise, Wolverhampton. Les Anglais sont parvenus à se qualifier pour les tours préliminaires de la C3, en terminant 7e de Premier League, une performance notable dans le championnat le plus relevé de la planète. 

L’exercice 2019-2020 est celui de la confirmation, les Wolves enchaînent une deuxième saison de qualité. Ils sont toujours en course pour une nouvelle qualification continentale en championnat. Pourtant, leur saison est digne d’un marathon puisqu’elle a débuté fin juillet avec le 2e tour préliminaire de l’Europa League. L’aventure européenne des joueurs de Santo ressemble à un parcours du combattant. Ce dernier a de fortes chances de se poursuivre car les Wolves ont hérité de l’Espanyol Barcelone, lanterne rouge de Liga. 

 

Le Bayer Leverkusen a lui aussi envie de se démarquer lors de cette campagne européenne. En effet, le Bayer fait une saison de qualité en championnat, se mêlant même à la course au titre. Ils pointent à six points du Bayern qui est en tête, mais l’objectif premier reste évidemment le top 4, synonyme de qualification pour la prochaine Ligue des Champions. Cela s’annonce difficile puisque cette année les prétendants sont nombreux et se tiennent en très peu de points, comme on l’a dit seulement six points d’écarts entre le leader et le cinquième, il s’agit d’ailleurs de Leverkusen. Le Bayer risque donc de laisser beaucoup de plumes en championnat, plus particulièrement en Bundesliga où les matchs sont très rythmés, l’intensité est folle, ce qui pourrait leur porter préjudice en Europe. C’est Porto qui se dresse face à eux, une équipe toujours difficile à manoeuvrer. Doté d’un beau palmarès européen avec deux Ligues des Champions (1987,2004) ainsi que 2 Europa League (2003, 2011). Il sera intéressant de suivre la réaction et la performance de l’attaquant Marega, victime d’injures racistes lors du dernier match de son équipe à Guimaraes, club où il a évolué par le passé… Excédé, Marega a décidé de quitter la pelouse..

 

L’Ecosse souhaite retrouver son glorieux passé

 

Quand on pense à l’Ecosse en terme de football, on pense forcément au Celtic Glasgow, vainqueur de la C1 en 1967 et au Glasgow Rangers, qui remportait la C2 en 1972. A cette époque, le Celtic était régulièrement au rendez-vous du dernier carrée de la plus prestigieuse des compétitions continentales. Les deux clubs les plus prestigieux du pays qui comptabilisent 104 championnats d’Ecosse à eux seuls, sont au rendez-vous des 16e de finale de l’Europa League cette saison. Les deux rivaux, qui se sont affrontés pour la première fois le 28 mai 1988 pour le premier match de l’histoire du Celtic, souhaitent de nouveau procurer des émotions à leurs supporters au niveau européen.

 

A commencer par les verts et blancs du Celtic, même si la confrontation face aux Danois de Copenhague sera loin d’être simple. Les Ecossais pourront compter sur l’international espoir français auteur d’une saison convaincante, Edouard qui flambe. L’ancien parisien a inscrit plus de 20 buts toutes compétitions confondues et sera à coup sûr un des éléments déterminant de la réussite ou non du Celtic en C3.

 

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L’autre club de Glasgow goûte de nouveau aux soirées européennes des matchs à élimination directe si particulières. Effectivement, après avoir sombré en 2012 suite à la liquidation du club, la renaissance est belle. Le légendaire Steven Gerrard est aujourd’hui l’entraîneur de cette formation des Rangers. La phase finale de la compétition fera office de test pour le technicien anglais, avec un 16e de finale abordable face aux Portugais de Braga. Et qui sait…peut-être un Old Firm plus tard dans la compétition.

 

La route vers Gdańsk s’annonce palpitante avec certaines équipes qui jouent leur saison entière sur cette compétition. D’autres qui vont tenter de déjouer les pronostics, sans oublier les équipes ayant un passé glorieux et qui ont l’ambition de renouer avec ce dernier. On note la présence d’aucun club français en phase finale d’Europa League cette saison, une première depuis l’édition 2011-2012. Le constat est amer pour une nation telle que la France.

 

Embarek F.

La rédaction

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