Salem Village dans la sorcellerie !

En ce 31 octobre, nous vous proposons une histoire effrayante sur Salem Village… Joyeux Halloween !

© Mathilde LELONG

Ensorcelés et possédés ? 

Durant l’hiver de 1692, le froid et la terreur prennent le dessus sur le village de Salem, dans le Massachusetts. Elizabeth Parris, âgée de neuf ans, et Abigail William âgée de 11 ans, sont fille et nièce du révérant Parris. Ces deux jeunes filles passent le plus clair de leur temps avec l’esclave de la famille, appelée Tituba. Cette femme, ayant des connaissances en magie, n’hésite pas à divertir les deux filles en leur réalisant des petits tours de magie, des pratiques qui sont pourtant interdites par la Bible – ce que le révérant Parris ne cesse de répéter à sa fille et à sa nièce. Malgré l’intrigue de ces pratiques, les jeunes filles vont quand même éprouver une forme de culpabilité.

Un beau jour, elles vont commencer à avoir des comportements étranges. Selon les rumeurs, ces dernières utiliseraient une langue inconnue, et seraient prises de violentes convulsions. Elles se plaindraient d’être piquées et pincées pendant leurs crises. Parfois soumises à de violentes hallucinations, les deux filles marchaient en traînant des pieds et refusaient les prières. De nombreux médecins tentèrent alors de comprendre d’où venaient ces comportements mais aucun d’eux ne réussit à faire un diagnostic. L’un d’eux, William Griggs, affirma qu’elles étaient possédées. Malgré le fait que le révérant Parris n’y croyait pas, et interdisait quiconque qui était au courant d’en parler, la rumeur ne tarda pas se faire connaitre dans le petit village de Salem.

Rapidement d’autres jeunes filles du village furent prises par les mêmes comportements étranges. Ces crises à répétitions amenèrent les habitants de Salem Village à questionner quotidiennement les concernées de ce fléau. Un jour, durant une crise, Betty (une des filles ayant des comportements étranges) chuchota le nom de Tituba. Les questions continuèrent d’être posées aux jeunes filles…

Un jour, elles décidèrent également de dire des noms, et Tituba fut évidemment la première à être accusée, mais deux autres femmes aussi, qui tout comme Tituba pouvaient totalement correspondre à l’image typique de la sorcière idéale du XVIIème siècle: des femmes exclues de la société, mystérieuses et méprisées dans le petit village de Salem. Dès le lendemain, sur ces accusations influencées par les habitants du village, les suspectes furent interrogées et un long chemin rempli d’accusations et de procès commença. 

Illustration © Lien : https://historyofmassachusetts.org/

Du procès aux intérêts. 

Le procès de ces trois nouvelles sorcières a lieu à partir du 1er mars 1692. Cependant, à l’ouverture du procès certains habitants restent sceptiques face à ces accusations sans réelles preuves. Les doutes de ces derniers ont été levés rapidement face aux comportements étranges des différentes femmes durant leurs procès: elles semblent avoir des difficultés à prononcer le mot “dieu”, et les jeunes filles dites “possédées” ont de nombreuses convulsions. Ce qui va lever tous les doutes, c’est l’aveux de Tituba qui déclare être au service du diable. Elle affirme que les deux autres accusées sont aussi à son service. Les trois femmes ont donc été envoyées en prison – l’une d’entre elles y mourut, suivie du nourrisson de la deuxième.

Après ce procès les accusations sont de plus en plus courantes dans cette période qui noie les habitants dans la peur et l’angoisse quotidienne. D’autres enfants sont pris par des crises de convulsions, les mêmes phénomènes étranges que les jeunes filles précédentes, ce qui renforce le besoin des habitants de chercher de plus en plus de coupables. Chaque jour, des gens sont accusés sans même avoir été impliqués dans des affaires de sorcelleries. Des personnes sont accusées à tort simplement pour satisfaire des frustrations personnelles; ce procès de sorcellerie devient la possibilité pour certains de se débarrasser d’autres. Un esprit de vengeance et de suspicion règne à Salem pendant l’hiver de 1692… Quand les habitants voient que même une pratiquante vertueuse a été accusée et pendue, un mouvement de panique se fait ressentir car plus personne n’est à l’abri des accusations. Certaines familles vont même jusqu’à fuir Salem Village.

© fine art america. Lien: http://img.over-blog-kiwi.com/1/92/83/68/20161119/ob_8e023f_histoire-sorcieres-salem.jpg

Dans l’histoire de la Nouvelle-Angleterre, les affaires de sorcellerie sont rares mais celle-ci marquera les esprits avec environ 150 personnes accusées, la mort de 19 personnes par pendaison, 1 homme écrasé par des pierres après avoir refusé de témoigner au procès de sa femme et environ 5 personnes mortes en prison. Ces morts lentes et douloureuses montrent le décor macabre de cette époque et laisse Salem Village dans la folie et l’horreur.

Des siècles marqués et questionnés 

Vingt ans après les faits, chaque responsable des jugements va demander le pardon pour avoir fait pendre et emprisonner des personnes innocentes. La cour de justice du Massachusetts déclare par la suite l’interdiction des procès pour cause de sorcellerie. 

Encore aujourd’hui, l’histoire du procès des sorcières de Salem questionne beaucoup de monde dont un grand nombre de chercheurs. Ce procès a marqué les esprits et de nombreux scientifiques ont tenté de répondre au phénomène qui a ruiné la vie de nombreux habitants de Salem à cette époque.

Pourquoi ces jeunes filles avaient de telles réactions ? Deux grandes possibilités en ont été déduites: la première est que ces réactions étaient des crises d’hystérie, qui peuvent être liées à l’atmosphère oppressante de cette ville à cette époque et au stress quotidien des jeunes femmes au XVIIème siècle. Cependant une autre théorie est possible: celle liée à l’ergot de seigle, qui est un champignon à partir duquel a été synthétisé le LSD. L’intoxication à l’ergot mène à l’ergotisme, une maladie qui peu provoquer des crises d’épilepsie ou encore des démangeaisons, fourmillements et formations de gangrène.

Nous remarquons avec ces différentes explications que le procès de 1692 est encore un problème aujourd’hui et laisse beaucoup de gens sur leur faim. Depuis quelques années, la ville de Salem est devenue un lieu historique avec différents musées représentant le procès ou encore le cimetière où certaines des victimes sont enterrées, et un monument en mémoire des victimes… Des lieux respectant les victimes et qui laissent une trace de cette histoire dans les esprits modernes.

– Mathilda C.

La rédaction

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