«Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance» : humour, violence et justice

   Il rayonna, il triompha et  remporta cinq récompenses à la cérémonie des BAFTA et quatre aux Golden Globes. Le film de Martin McDonagh sortit le 17 janvier dans l’Hexagone s’est imposé comme un nouveau moyen de se mobiliser contre les abus sexuels depuis que l’industrie du cinéma s’est vu être scandalisé dernièrement. Un mélange de genres, des performances remarquables et de grandes leçons de morales, nous rédacteurs de RCA nous vous livrons les secrets de la réussite de ce drame.

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Les 3 panneaux à l’entrée de la ville

Synopsis :

Mildred Hayes, mère d’une jeune fille tuée récemment décide de prendre les choses en main alors que la résolution du crime ne fait que piétiner. Elle décide d’afficher un message visant le chef de la police sur trois grands panneaux à l’entrée de la ville. La controverse et la bataille commence.

            Récompensé comme «meilleur film», «meilleur scénario», «meilleure actrice», «meilleur film dramatique» et bien d’autres encore, Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance raconte l’histoire de Mildred Hayes, interprétée par la fabuleuse Frances McDormand, qui a perdue sa fille violée et tuée quelques mois auparavant dans une ville des Etats-Unis. Pour se venger et faire avancer l’enquête sur l’identité de l’assassin toujours en liberté, la sexagénaire décide de louer trois panneaux où elle affichera noir sur rouge trois slogans. Fort de haine et de détresse, ses slogans ont pour but de faire réagir les autorités locales et en particulier le chef de la police.

            Avec un budget de 15 millions de dollars, Martin McDonagh réalise son meilleur film et s’inscrit dans un genre dramatico-comique qui mêle humour noir et drame policer, social et familial. Deux flics, l’un amical et bouleversant interprété par Woody Harrelson, l’autre déjanté mais bien déterminé (Sam Rockwell), vont régir les temps forts de ce chef-d’œuvre et nous apporter un jeu d’acteur dégageant beaucoup d’émotions. Quant au personnage principal qu’incarne Frances McDormand, c’est avec celle-ci que le long-métrage prend toute sa puissance. Un physique poignant qui nous montre une mère ravagée par le désespoir et la haine, dont on associe tout de suite de la compassion. Avec quoi s’ajoute un portrait sensible habité par une rage pure et une soif de vengeance violente.

Dans un rythme précis et un scénario maîtrisé, l’histoire de l’après-meurtre de la fille de Mildred nous apparaît comme une grande leçon de morale sur l’humanité, la justice, le racisme et la violence. Par ailleurs suite à la projection de Three Bilboards des activistes du monde entier se sont inspirés du concept des panneaux de Mildred pour faire connaître leur cause. A Miami aux Etats-Unis, trois panneaux rouges sur des camions circulaient dans les rues pour dénoncer un manque de sécurité policière suite à la fusillade qui a fait 17 morts dans un lycée. Mais encore à Naples en Italie, des partisans contre l’extrême droite se sont exprimés sur ces panneaux en s’adressant au chef du parti à l’occasion des élections générales. Enfin, le film a aussi inspiré des activistes Londoniens qui ont protestés contre le manque de poursuites judiciaires après l’incendie de la Tour Grenfell qui a causé 71 morts. En faisant circuler à leur tour les panneaux sur des camions, on pouvait lire «71 morts. Et toujours pas d’arrestation ? Pourquoi donc ?». Les propos exacts du film repris dans la réalité sont d’autant plus choquants et montrent que la barrière fiction/réalité n’est pas si fine que ça.

            Finalement on peut dire que Martin McDonagh ne tombe pas dans le panneau. Largement récompensé, son film s’affiche comme l’un des meilleurs de sa carrière. Des acteurs hauts en couleurs et un mélange de styles adroitement réunis, Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance a de quoi faire naître des envies de vengeance aux concourants des Golden Globes et du BAFTA.

 

                                                                                                          Edith GRANON

La rédaction

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