Victoire du TINALS !!

  Pour la 6ème année consécutive du This Is Not A Love Song, les jeunes nîmois ont su s’imposer lors d’un match a priori indécis. Toujours pas favori malgré leurs 5 précédentes victoires au plus haut niveau, les gardois ont su rehausser le rythme après un premier set mal engagé pour s’imposer très largement.

Tinals

Affiche du This is not a love song festival 2018 (Illustration : Anna Wanda)

  Dès son entrée sur la pelouse, l’équipe de Fred Jumel frappait coup sur coup grâce à Peter Perret et Nick Hakim. De l’autre côté du stade Vince Staples bat le record du Marathon. Ça fait déjà 3-0 pour TINALS. Mais soudain c’est le drame, dans le dojo, Sparks, en manque de forme, se fait retourner et aplatir, on a mal pour eux et on a mal à la tête. 3-1, attention à la remontada.

   Derrière, tout s’enchaîne très mal, Warmduscher chie sur la pelouse et se fait sortir par l’arbitre. Ça fait 3-2. C’est à ce moment que l’attaquant vedette de l’équipe, Beck, fait son entrée sur le court. 854 doubles fautes plus tard, Beck enlève son micro-tête et nous permet d’aller vomir un peu plus loin. Ça fait 5 points pour l’équipe adverse. TINALS est mené 7-3 et le premier tiers-temps n’est pas encore terminé… Heureusement Flat Worms domine tranquillou leur match de boxe par K.O. Au bout du 2ème round, TINALS remonte à 7-4 et DYGL vient rajouter un point de plus après plusieurs touches de très bon goût au fleuret. On peut aussi compter sur Maoning pour remettre enfin TINALS à égalité, 7-7.

Dans toute bonne équipe, il y a les joueurs et le staff. C’est bien ce dernier qui va se prendre les pieds dans le tapis. Alors que The Jesus and Marychain font leur entrée sur le bassin olympique, une erreur de plongeon leur coûte la victoire. Résultat : un son bâclé, un mixage manifestement raté et des basses à faire décoller des Boeing. On recule pour ne pas être trop éclaboussé par les 5 sportifs qui pataugent gentiment dans l’eau crasse. On serait bien aller voir Bayonne, mais tel un Lorient-Laval, on s’est dit que ça vaudrait sûrement pas le coup. Quoiqu’il en soit, TINALS est de nouveau mené 9-7 et ne pourra pas compter sur sa dernière carte Insecure Men, blessé et qu’on aurait adorait voir sur le Lenglen massacrer ses adversaires à coup de crampon.

Première journée en demi teinte donc, entre découverte (Dygl, Peter Perret, Moaning), confirmation (Nick Hakim, Vince Staples) et déception (Beck, surtout et avant tout, c’était franchement indigent).

Ecoutez ça, c’est du bon son… Bad Kicks de Dygl)

 

Mené 9-7, les hommes de Fred Jumel comptaient sur la journée de Samedi pour refaire leur retard. Toutefois ça commence mal. Embarqué dans une mélancolie surjouée et en manque de justesse technique Gus Dapperton n’est pas assez grand pour passer au dessus du filet. Encore un point de perdu : 10-7. Heureusement, la chance va tourner pour TINALS, John Maus, grâce à son jeu froid et méthodique, puis Cathedral et The Buttertones font parler la poudre : 3 essai marqués et transformés en moon walk depuis un autre stade, TINALS repart de l’avant et recolle à 10 partout. Et comme si ça ne suffisait pas, TINALS va enclencher la surfaceuse, Rhye explose le record du parcours libre et fait pleurer Phillipe Candeloro, Chocolat explose la tronche de ses adversaires à coup de crosse et c’est un très grand Father John Misty particulièrement inspiré qui vient finir le travail d’un quintuple axel piqué-vrillé- me demandez pas comment c’est possible.

On est à la moitié de ce second tiers temps et TINALS est déjà repassé devant : 15-10. Gonflé à bloc, les hommes de Fred Jumel sonnent la charge et font rentrer leurs meilleurs éléments, YelloBobbyw Days rappelle à Gus Dapperton ce qu’il pourrait être avec la même coupe pas très au point, Superorganism enfile le maillot à pois alors que Phoenix régale et règle, avec une classe monstrueuse il faut le dire, le sprint du peloton, prends le maillot jaune et la légion d’honneur au passage. Ça fait 22-10 pour TINALS, qui dévore la concurrence. On a peur de l’indigestion sonore avec Viagra Boys et on a raison d’attendre. Ty Segall rentre sur le parquet seul face à 5 joueurs, il enchaîne les paniers à 3 points très longue distance tel un Stephen Curry sous amphet’, entre temps il balance des petits solos de guitare, parce que ça le fait bien marrer. Énorme claque et voilà TINALS qui mène 27-10.  Photo: Bobby Allin

Excellente deuxième journée- si ce n’est Gus Dapperton, duquel, au reste, nous n’attendions pas plus qu’une pâle pantomime pop- les superstar (Father John Misty et Phoenix) ont répondu présent, éclaboussant la grand scène extérieure d’une classe sans nom. Mention spéciale aux toulousains de Cathedral et à la poésie de Rhye, qui nous a rappelé pourquoi on a bien aimé Her pendant 6 mois en 2016.

Un extrait? Mr Tillman de Father John Misty

Malmené lors du premier set, éblouissant lors du second, il restait à TINALS de finir le travail, et avec  du cran si possible pour les supporters. Malgré des conditions météo pas forcément optimales la journée commençait à merveille : Rolling Blackouts Coastal Fever, le joueur  australien dont vous auriez tort d’oublier le nom, envoie une frappe de l’aigle façon Olive et Tom pour marquer d’entrée de jeu. Park Hotel va néanmoins venir gâcher la fête avant que Deerhunter ne rentre sur le terrain. Enchaînant loopings shoegaze et vrilles nébuleuses les chasseurs de cerf cassent des reins : TINALS mènent 30-11. On aurait pu en rester là, les adversaires de Fred Jumelles demandant l’arrêt du match pour cause de pluie. Il n’en fut rien et TINALS continua de rouler sur ses adversaires, n’hésitant pas à enfoncer leurs crânes sous plusieurs mètres de boue grâce au Monstrer-Truck nommé Idles qui aura massacré pendant une heure le public de la grande salle à coup de refrain punk délicieux d’une sauvagerie sans limite. Avant cela, Cigarettes After Sex avait déjà fait monter la température, bien qu’un peu lent, le quatuor enchaînait plusieurs passing-shot de génies. Increvables, The Breeders et Ezra Furman assurait l’entre-jeu pendant la pause tacos. TINALS mène alors 38 à 11 mais le score est anecdotique, les quelques survivants de Dead Cross nous raconte un super concert pendant que Black Madonna nous rappelle pourquoi il ne faut pas faire venir un DJ en festival.

Victoire finale 39 à 12.

 

Tinals 2

Une troisième journée pleine de pièges et d’incertitudes, on attendait de voir comment avait vieilli The Breeders (rassurez-vous ils ont l’air d’aller très bien) ou Deerhunter, on a été ravi de voir qu’ils étaient encore loin de l’EHPAD. Les tops vont à Ezra Furman, Rolling Blackouts Coastal Fever (c’était vraiment très très bien) et à l’énorme performance de IDLES dont le guitariste moustachu aura décidément passé plus de temps dans le public que sur la scène. Les flops sont pour Park Hotel et Black Madonna, sans surprise.

Et un dernier pour la route!! French Press de Rolling Blackouts Coastal Fever

 

Un bilan très positif pour cette 6ème édition, des découvertes amusantes et rafraîchissantes qui auront permis à l’équipe de se maintenir quand le bateau prenait l’eau, on pense notamment à Dygl, à Cathedral ou encore à Peter Perret que personne n’avaient vu venir. Des confirmations aussi de la part des stars de la programmation, loin des headliners crasseux des festivals indés, Phoenix a fermé pas mal de bouche, dont la mienne, Father John Misty, The Breeders et les pensionnaires de la Flamingo (la grande scène extérieure) ont tous fait le taf, toujours avec la marque des plus grands. Tous ? Sauf un : Beck, qui a livré un des pires concerts vu en 3 ans de TINALS, insipides et trop sur d’eux, Beck reste fanny et rentre à la maison. Au rang des déceptions on rajoutera Gus Dapperton, qui avec Yellow Days et Mac Baise, nous ont rappelé que Mac Demarco ce n’est pas si mal que ça au final.

Au niveau de l’ambiance c’est comme d’habitude, un public extra, une convivialité à toute épreuve ; on emmènera nos grand-mères l’année prochaine. Par contre impossible de ne pas parler du son, très mauvais cette année, des basses saturées, des grosses caisses gonflées à bloc et finalement la musique arrête d’être un plaisir, et ça c’est fort dommage.

TINALS au final, est aux festivals indé ce que le Real est à la Ligue des Champions, une machine somptueuse, huilée à la perfection et qui n’a qu’un seul but : nous éblouir (et nous faire oublier le dernier Arctic Monkeys).

Guillaume CARLIN

Photo: Olivier Scher

Fin

La rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *