Welcome Home de Cocoon, quand l’enfant devient grand

     On les avait laissé en 2012 sur ces mots de Marc Daumeuil « on s’arrête. » qui avaient déchirés les amateurs de la pop sucré et mélancolique que produisit Cocoon entre 2007 et 2012. Récompensé par deux disques de platines et par un succès internationale, Cocoon avait fait fondre la France dans son mood ukulélé et voix suaves. Un an plus tard, on apprenait que Morgane Imbeaud, sa compère de toujours, souhaitait rompre artistiquement avec Marc Daumeuil pour suivre plusieurs de ses projets (Peaks, Un orage, Les Songes de Léo). On pensait que c’en était fini de la douceur de Cocoon.

 index  Puis, en début d’année, après un bref topo médiatique, Marc Daumeuil présentait un single au côté de Nathalie Prass intitulé Welcome Home. Daumeuil a trouvé un pendant plus qu’honorable à la voix mielleuse de Morgane Imbeaud. Le résultat est plus que concluant et un autre single sort un mois plus tard puis un EP un mois après. Et déjà, les plus fins amateurs de Cocoon reconnaissaient un changement majeur. C’était du cocoon certes, mais il y avait plus.

   Ce qu’il y avait en plus ? Un voyage, aux États-Unis et surtout l’arrivée, dans le petit monde de Marc Daumeuil, d’un bébé qui va affecter grandement sa façon d’écrire. Son troisième album, sorti le 26 Aout dernier, est un virage artistique incroyablement bien réussi.

   Pourtant, « les conditions étaient difficiles » livre-t’il à la rédaction de l’Avenir. En cause, les problèmes de santé de son nourrisson, les tracas d’un récent père qui a peur dans une salle d’attente d’hôpital. De tous ces  soucis, Marc Daumeuil va en extraire l’essence même : son amour pour sa famille. En refusant de tomber dans le coté tragique de sa situation, il nous livre un album vibrant de sincérité, d’amour et de joie.

   Enregistré à Bordeaux, puis Berlin et enfin Richmond en Virginie, cette album est celui de la maturité. Un passage à l’âge adulte avec comme mentor Matthew E. White fondateur du label Spacebomb sur lequel a déjà signé Nathalie Prass en 2015. Soucieux de promouvoir la musique artisanale, Matthew E White va collaborer avec Daumeuil depuis les Etats-Unis, apportant une instrumentation beaucoup plus développée que dans les deux derniers albums.

Esther Pearl Watson a réalisé l'intégralité des illustrations.

Esther Pearl Watson a réalisé l’intégralité des illustrations.

   Des cuivres, du piano, des cordes dans Cocoon. C’était encore impensable quatre ans en arrière. Mais voilà, Marc Daumeuil a grandi et sa musique a grandi avec lui. Et la chorale gospel qui chante avec lui sur Miracle par exemple fais exploser le talent, déjà prometteur du jeune compositeur français. Les rythmes s’accélèrent, les climax s’enchainent joyeusement sur Middle Finger, on arrange même les voix sur Get well soon. Pas question pourtant de tomber dans les vices de la pop naïve, les titres Watch my back, Grandaddy et Up for sale sont là pour nous le rappeler. Legacy où Daumeuil se retrouve seul face à sa guitare, accompagné seulement de nappes de synthétiseurs, aurait même pu se retrouver dans un des derniers albums. Mention spéciale à Up for sale, qui clôt l’album en beauté avec en featuring avec Matthew E. White où la veine soul et jazzy de l’américain se joint divinement à la fraicheur de la voix du clermontois.

   Au niveau thématique, les paroles du nouvel opus de la nouvelle gueule de la pop française, tournent, comme promis, autour de la famille et des problèmes de santé de son nouveau-né. « Sans jamais tomber dans le pathos » comme il le dit si bien, l’album est teinté, partout, d’un espoir qui fait du bien à entendre, comme les rires d’un enfant, comme le sourire d’un père, heureux  de voir son fils vivant. Un remède anti-déprime prescrit par quelqu’un qui en a vu de toutes les couleurs l’année passée.

« It’s been a tough year » répète-t’il dans son titre Get Well Soon ; et bien rassurez-vous avec cette album en poche, l’année risque d’être belle !

index-3                                                                                     Guillaume Carlin

La rédaction

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