[ Yes We Cannes ] #8 Le Festival sauce Spaghetti

 

Le multi-nominé reparti bredouilleCette année en compétition on retrouve deux films italiens : Un château en Italie et La Grande Bellezza. Si le premier est une production franco-italienne, alternant les plans en France et en Italie, la langue Française et la langue Italienne, l’autre s’inscrit dans un lieu bien précis : Rome.

Une similitude les rapproche : une vision de l’Italie triste.


Dans la Grande Bellezza, les protagonistes sont des aristocrates, des rentiers, des riches, des mondains dans toute leur splendeur. Rome est leur prison dorée où chaque soir, ils se retrouvent afin d’oublier leur quotidien. De l’autre côté, dans Un Château en Italie, la réalisatrice, actrice aussi (à trop cumuler on devient moyen quelque part) nous montre la vie d’une ancienne riche fortune italienne, dont le frère est malade, la fille en recherche de l’amour et la mère qui essaie que son monde ne s’écroule pas.


Des choses se rejoignent entre les deux. Déjà la prestation des acteurs italiens masculins. Toni Servillo (L.G.B.) et Filippo Timi (U.C.E.I.), dans des rôles totalement différents, crèvent littéralement l’écran. Le premier arrive à garder la flamme alors qu’il tient le rôle principal. Le voir sortir du rang des danseurs, en pleine soirée mondaine, se poser face à l’écran et allumer sa cigarette le tout dans un ralenti magnifique a été une scène marquante pour moi. De l’autre côté, Filippo dansant avec une démarche incroyablement belle sur une musique de Paolo Conte saura subjuguer vos yeux. Et quand plus tard, on verra sa sœur danser avec les chaussures de son frère sur cette même musique, nos cœurs se soulèveront.


altValeria Bruni Tedeschi et Louis Garrel: une rencontre italienne

La musique parlons-en. Dans les deux films, elle vient sublimer ce qu’il se passe à l’écran, mais là, il n’y a pas photo, c’est dans L.G.B. que la musique exprime toute sa spécificité. C’est là qu’elle nous transporte, qu’elle nous emmène, et conjuguée aux images, nous emporte là où le réalisateur veut nous emporter. Il suffit de s’asseoir bien au fond du fauteuil et attendre que la magie opère.


Et la magie, elle se présente n’importe où l’on pose les yeux. Rome endormie saura vous enchanter, le château en Italie de la famille déchue vous apportera le décor de vos rêves. Là encore, L.G.B. vous emmènera plus loin que U.C.E.I. car on verra les palais, les jardins et surtout les fantasmes d’une caste désabusée.

On pense presque aux pauvres riches. Dans le premier, de façon psychologique, dans le second de façon littérale.


Pour le reste, les films ne traitent pas vraiment de la même chose et la qualité des deux est bien différente. L.G.B. est bien meilleur que l’autre. J’y ai trouvé du Fellini à l’intérieur. Un grand film en somme que je vous recommande chaudement.


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